Affaire Habré : onze ans de feuilleton politico-judiciaire

Hissène Habré, ancien président tchadien aujourd’hui réfugié au Sénégal.
© Time & Life Pictures/Getty Images

Dakar accueille à partir de ce lundi 30 mai 2011 de nouvelles discussions entre l’Union africaine et le Sénégal sur le procès Habré. Les deux parties doivent travailler sur un projet de cour internationale ad hoc chargée de juger l’ancien président tchadien. Ces discussions font suite à celles qui ont eu lieu fin mars 2011 à Addis-Abeba. Un nouvel épisode dans un feuilleton politico-judiciaire de onze ans.

L’histoire débute le 26 janvier 2000, date à laquelle sept victimes tchadiennes et une association portent plainte devant le tribunal de Dakar contre l’ancien président tchadien. Hissène Habré est là, au Sénégal. Il y a trouvé refuge depuis la chute de son régime au Tchad en 1990.

Dans un premier temps, il est inculpé, placé en résidence surveillée. Puis la justice sénégalaise se déclare incompétente. Suite à une nouvelle plainte, la justice belge se met alors en marche et demande en 2005 l’extradition de l’ancien président tchadien. Le juge sénégalais se déclare, à nouveau, incompétent à statuer.

Moi cette cour, personnellement, j’en attends rien.
Clément Abaifouta
10-10-2013 - Par Christine Muratet

Le sort d’Hissène Habré est tranché en juillet 2006 quand l’UA demande au Sénégal de le juger « au nom de l'Afrique ». Le processus ne s’accélère pas pour autant. Le Sénégal et l’Union Européenne discutent longuement de son financement. Et c’est au moment où l’essentiel semble réglé qu’une décision de la Cour de justice de la Cédéao (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), le 18 novembre 2010, bloque à nouveau les préparatifs.

Selon la Cour, le Sénégal « seul » ne peut juger Habré. Il peut simplement aider à la mise en place d’un tribunal « ad hoc », c'est-à-dire créé spécialement. Les 23 et 24 mars dernier, le Sénégal et l’UA ont commencé à travailler sur ce projet à Addis-Abeba. Les nouvelles discussions qui s’ouvrent ce lundi doivent permettre d’examiner ou de réexaminer différents textes. Notamment un accord officiel sur la création de la cour.