Trafic de bébés destinés à la vente découvert au Nigeria


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La police nigériane est intervenue cette semaine dans les locaux de la Cross Foundation, dans l’Etat d’Abia, dans le sud-est du Nigeria, suite à des informations qui faisaient état de jeunes femmes enceintes, âgées de 15 à 17 ans, contraintes de faire des bébés pour le compte du propriétaire de cette fondation.

L’information a été rapportée par le responsable de la police de la région, Bala Hassan, à l’AFP. Selon cette même source, 32 filles enceintes ont été sauvées et le propriétaire arrêté pour être soumis à un interrogatoire. S’il est reconnu coupable, il risque jusqu’à 14 ans de prison.

Selon l’Agence nationale de lutte contre le trafic d’êtres humains (Naptip), certaines adolescentes ont indiqué à la police qu’on leur avait proposé l’achat de leur bébé à naître pour environ 30 000 (130 euros). Les enfants étaient ensuite revendus à 1 million de nairas (4 500 euros).

En 2008, des raids de la police avaient déjà mis au jour un réseau présumé d’établissements, appelés communément « usines à bébé » ou « élevages de bébés ». Selon le directeur local de la Naptip, Ijeoma Okoronkwo, de nombreuses affaires de ce genre sont actuellement traitées par les tribunaux du Nigeria.

De son côté, Jacques Boyer, représentant adjoint de l’Unicef au Nigeria, contacté par RFI, confirme également cette pratique…

Le trafic d'enfants concerne aussi bien celui pour lequel nous discutons aujourd'hui, mais aussi la prostitution, aussi bien sur le territoire national que les réseaux de prostitution vers l'étranger.
Jacques Boyer, Représentant adjoint de l'UNICEF au Nigéria
10-10-2013 - Par Edmond Sadaka

Le trafic d’enfants touche d’autres pays africains

Le trafic d’être humains, principalement des enfants et des femmes, est un problème de première importance en Afrique. D’après un rapport de l’Unicef, publié en 2004, des 53 pays africains étudiés, 89% reconnaissent être affectés par le trafic d’êtres humains vers d’autres pays du continent et 34% vers d’autres continents (l’Europe et les pays du Golfe principalement).

Les personnes victimes de ce trafic sont destinées à servir de prostituées, d’esclaves domestiques, d’enfants soldats, ou d’épouses dans des mariages arrangés. Toujours selon les Nations unies, 200 000 enfants sont chaque année victimes du trafic d’êtres humains en Afrique occidentale et centrale.

Le Nigeria, pays d’origine, de transit et de destination de la traite des êtres humains, est particulièrement affecté par la traite des femmes et des enfants à des fins de prostitution ou de travail forcé.

Les mesures prises au Nigeria

Pour lutter contre ce fléau, le pays a adopté, en 2000, le Protocole de lutte contre la Traite des êtres humains (connu sous le nom de Protocole de Palerme). Ce texte donne aux autorités chargées du maintien de l’ordre les outils nécessaires pour sauver les victimes, et rechercher, arrêter et poursuivre les trafiquants.

C’est également ce texte qui est à l’origine de la création (en 2003) de l’Agence nationale de prohibition de la traite des êtres humains (Naptip). Cet organisme officiel, qui suit les affaires de traite et qui travaille avec d’autres organisations comme l’Unicef, a ainsi révélé que fin 2010, il a enregistré près de 5 000 victimes de la traite.

Les enfants sont achetés auprès de leurs familles pour aller travailler dans les champs, les mines, les usines ou en tant que domestiques. D’autres sont vendus dans le cadre de réseaux de prostitution et, dans des cas plus rares, ils sont torturés ou sacrifiés lors de rituels de magie noire.

L’agence Naptip met aussi en avant les résultats des actions menées dans le pays et qui ont fait que le nombre de victimes de la traite, rapatriées au Nigeria, a chuté quasi de moitié entre 2000 et 2007.

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