Burkina Faso: la situation toujours très tendue à Bobo-Dioulasso


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La ville de Bobo-Dioulasso était ce jeudi 02 juin 2011 aux mains des militaires, des hommes en colère malgré l'instauration d'un couvre-feu, alors que 15 personnes ont été blessées par balles selon les habitants. Face au mouvement de protestation qui a commencé mardi soir, le gouverneur de la région avait annoncé dans un communiqué « l'instauration d'un couvre-feu de 18H00 à 06H00 du matin, dans toute la ville jusqu'à nouvel ordre ».

La situation est toujours très tendue à Bobo-Dioulasso. La deuxième ville du Burkina Faso situé au sud-ouest du pays, est livrée depuis mardi 1er juin 2011 à des militaires en colère qui ont tiré en l'air et ont pillé les commerçants.

Ce vendredi 3 juin 2011, depuis la matinée, des tirs sporadiques à l'arme lourde et à l'arme légère sont entendus dans différents quartiers de la ville Bobo-Dioulasso. Ce matin, des éléments de la garde présidentielle arrivés d’Ouagadougou ont encerclé le camp militaire qui se trouve non loin du centre-ville.

L'opération de sécurisation est en cours. Selon des médias locaux, le détachement militaire de la garde présidentielle est désormais entré dans le camp militaire de Bobo-Dioulasso. Ils seraient en train de désarmer les mutins. On parle de 9 soldats blessés suite à des échanges de tirs. Pour l'état-major, l'objectif est clair : il s'agit de mater la mutinerie, de gré ou de force. « Maintenant, ça suffit », explique un gradé joint à Ouagadougou.

D'après nos informations, certains mutins ont revêtu des tenues civiles pour prendre la fuite. « On ne sort pas ! On a peur », expliquent des habitants. Les sirènes ont d'ailleurs retenti ce vendredi matin en ville pour demander aux habitants de rester chez eux.

Beaucoup s'interrogent : pourquoi la garde présidentielle intervient à Bobo alors qu'elle ne l'a jamais fait dans les autres garnisons qui se sont mutinées ces dernières semaines ? L'autre inquiétude concerne l'ampleur d'éventuels combats si l'on assiste à des courses-poursuites dans les quartiers. Il y aurait déjà une trentaine de blessés à l'hôpital, tous touchés par des balles perdues.

Deuxième ville du Burkina, Bobo-Dioulasso est aussi une importante région militaire avec 2 000 hommes environ. La perspective d'affrontements en pleine ville fait craindre le pire.

Il est difficile de connaître les revendications des mutins mais ce n'est plus une simple affaire de primes de logement. Ils demanderaient maintenant au président Compaoré de venir à Bobo-Dioulasso pour discuter avec lui. « C’est hors de question », selon lui.

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