Inculpation de l'ancien ministre de la Santé malien, Oumar Ibrahima Touré


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L'ancien ministre malien de la Santé, Oumar Ibrahima Touré, a été inculpé et placé sous contrôle judiciaire pour détournements de fonds et crime d'atteinte aux biens publics. Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme lui reproche de multiples malversations dans la gestion de ses subventions. Oumar Ibrahima Touré a été placé sous contrôle judiciaire.

Détournements de fonds, crimes d’atteinte aux biens publics, l’ancien ministre malien de la Santé Oumar Ibrahima Touré, désormais formellement inculpé, est placé sous contrôle judiciaire. Et pour se défendre, il doit expliquer, convaincre, qu’il n’est en rien mêlé à un détournement qui pourrait atteindre plusieurs milliards de F Cfa.

Les faits : le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, institution créée en 2002 à l’initiative des Nations unies, a mis à la disposition du gouvernement malien près de 80 millions de dollars sur 123 millions de dollars prévus.

Une première enquête révèle des décaissements illégaux et même des chèques bancaires falsifiés.

Pour mener des investigations plus poussées, des enquêteurs du Fonds mondial débarquent à Bamako et sillonnent le pays. Résultat : des marchés fictifs ont été passés et dans des centres de santé, des médicaments censés être sur place pour soigner les malades, n’existent pas.

Oumar Ibrahima Touré est obligé de démissionner début décembre 2010 pour se mettre à la disposition de la justice.

Au moins 16 personnes ont déjà été arrêtées dans le cadre de cette affaire.

L’ancien ministre Ibrahima Touré, est contraint de mettre en veilleuse sa carrière politique. Candidat virtuel à la présidentielle de 2012, il est numéro 3 de l’URD (Union pour la République et la démocratie), un important parti politique au Mali.

Plusieurs subventions du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme allouées au Mali ont été suspendues depuis le mois décembre. Mais les 22 500 Maliens actuellement sous traitement antirétroviral n'ont pas été affectés. Le Fonds mondial précise qu'il n'y a eu aucune interruption de subventions pour la tuberculose mais que les sommes ont été transférées à de nouvelles entités.

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme n'en est pas à sa première affaire de malversations. Actuellement, 33 pays sur les 150 qui bénéficient de subventions ont déjà été audités. Quatre pays font l'objet de renforcement de contrôle financier : la Côte d'Ivoire, la Mauritanie, Djibouti et la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Sur les 18 milliards de dollars de crédits alloués jusqu'à aujourd'hui, 34 millions de dollars ont été détournés dont le Fonds mondial demande le remboursement.

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À consulter :

Portefeuille de subvention du Mali sur le site du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.