Libye : bombardements violents à Tripoli, les soutiens de Kadhafi s'effritent

Alors que Tripoli subissait mardi 7 juin de lourds bombardements, la fille de Kadhafi a porté plainte à Paris et à Bruxelles pour «crimes de guerre» et «assassinat» après la mort présumée de proches dans un raid de l'Otan en avril.
© AFP/STR

Des bombardements d'une rare violence ont secoué toute la journée du mardi 7 juin 2011 la capitale libyenne et se sont poursuivis dans la nuit. L'Otan confirme que ce sont les bombardements les plus intenses lancés jusqu'à présent sur la capitale. Selon le porte-parole du régime de Tripoli, 60 frappes auraient fait au moins une trentaine de morts. Le colonel Kadhafi est apparu à la télévision libyenne pour affirmer qu'il ne se rendra pas. Pourtant, de plus en plus de pays prennent leurs distances avec le numéro un libyen.

Kadhafi : «Nous n'avons qu'un seul choix, nous resterons sur notre terre, morts ou vifs ! Rentrez chez vous et laissez la Libye aux Libyens !»
08-06-2011

Le colonel Kadhafi est apparu à la télévision libyenne, recevant les chefs de tribus, mais il est impossible de dater avec certitude ces images. Dans un message sonore diffusé aussi par la télévision, il a appelé la population à le rejoindre, affirmant qu'il n'était pour lui pas question de se rendre.

La Russie et la Chine, au départ très réservés, ont commencé à prendre langue avec les représentants du CNT (Conseil national de transition). Un émissaire russe était mardi 7 juin à Benghazi, précédé, très discrètement, par un émissaire chinois. En Afrique aussi, le front des soutiens se fissure sérieusement.

Ainsi, le président du Gabon, depuis New York où il assiste à un sommet sur le sida, appelle, en des termes très diplomatiques, le numéro un libyen à ne pas constituer un frein pour la paix.

Ce qui est important, c'est que la paix revienne en Libye. A partir du moment où on constitue un frein pour la paix, il faut en tirer les conséquences

Ali Bongo
08-06-2011

Le président mauritanien, membre du comité ad hoc de l'UA, se désolidarise des positions de l'Union africaine

Avec notre correspondanteà Nouakchott

Le président mauritanien, dans une interview à l'AFP, appelle pour sa part le colonel Kadhafi à partir. « Kadhafi ne peut plus diriger la Libye. Son départ devient une nécessité », a affirmé lundi le président mauritanien à l’AFP.

Par cette déclaration, Ould Abdel Aziz se désolidarise non seulement du leader libyen, mais aussi des positions de l’Union africaine qu’il soutenait jusqu’alors. Un changement d’autant plus significatif que le président mauritanien fait partie du comité ad hoc de l’Union africaine sur la Libye.

Le 20 mars, à Nouakchott, alors que les frappes autorisées par la résolution 1973 de l’ONU avaient débuté depuis quelques heures, le président mauritanien affirmait encore que les propositions du comité ad hoc devaient «être conformes au rejet de toute intervention militaire étrangère qu'elle qu'en soit la forme». Quelques heures plus tard, il faisait marche arrière, annonçant que le comité devait «agir en complémentarité avec la résolution».

Ould Abdel Aziz avait ensuite également soutenu la feuille de route de l’Union africaine, prévoyant un cessez-le-feu et une période de transition, censée mener à des élections libres. Proposition acceptée en avril par Kadhafi mais rejetée par les rebelles, exigeant le départ du leader libyen comme condition préalable au dialogue. Aujourd’hui, le président mauritanien se prononce toujours en faveur d’une solution négociée, car selon lui, les frappes de l’Otan « ne règlent pas le problème » et « c'est l'Etat et le peuple libyen qui en souffrent ».

Face à ce constat de souffrance, le président mauritanien affirme désormais qu' « il faut faire partir Kadhafi sans faire plus de dégâts ».

Ould Abdel Aziz est ainsi le 3e président africain à prendre officiellement position contre Mouammar Kadhafi, après les chefs d’Etat gambien et sénégalais. Pour sa part, l'Algérie a annoncé le gel des avoirs du clan Kadhafi, une manière aussi de se rapprocher du Conseil national de transition libyen.

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