Les eaux de Madagascar, pillées par la pêche industrielle internationale


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4,2 millions de tonnes de poissons auraient été pêchés de 1950 à 2008 dans les eaux de Madagascar soit le double des chiffres officiels, selon un rapport publié par l'organisation de protection de l'environnement, Blue Ventures, et les chercheurs de l'Université de Colombie britannique. Les responsables de ce pillage : les sociétés de pêche industrielle européennes et asiatiques.

Le montant total de la pêche dans les eaux malgaches entre 1950 et 2008 serait de 4,2 millions de tonnes de poissons, soit le double des statistiques officielles, selon l'association britannique de protection des mers et océans, Blue Ventures et les chercheurs de l'Université de Colombie britannique à Vancouver.

En publiant cette étude intitulée, Pêche non déclarée, population affamée et désordre politique : la recette pour une crise alimentaire à Madagascar ? Les scientifiques veulent d'abord fournir une base fiable de données pour une meilleure gestion des ressources halieutiques de la Grande Ile et offrir des revenus durables aux populations. 

Pour l'instant, le constat dressé est accablant : les responsables de la surpêche sont à la fois locaux mais surtout internationaux.

Sous la pression démographique, les quantités pêchées augmentent considérablement. Bien que coutumiers des migrations saisonnières, les pêcheurs malgaches doivent s'éloigner des côtes pour trouver du poisson, en particulier le requin (cités par 90% des pêcheurs comme premier ou deuxième pêche) et le concombre de mer (cités par 70% des pêcheurs sondés). Dans le sud-ouest, certains migrent sur les îles inhabitées du Canal du Mozambique.

Le phénomène est accentué par la présence des sociétés de pêche industrielle. La quatrième plus grande île du monde serait soumise depuis plusieurs années à la surexploitation de ses ressources maritimes par les sociétés européennes et asiatiques. Elles pratiquent la pêche à grande échelle et leur production est strictement destinée à l'exportation.

Les produits de la pêche et l'aquaculture (crevettes) ont rapporté 28 millions de dollars en recettes d'exportation à Madagascar en 2008.

Madagascar est classé comme l'un des pays les plus pauvres du monde avec un PIB de 373 $ par habitant (2007). L'indice de développement humain le classe 143e sur 179 pays.

De 2000 à 2007, 71,3% de la population malgache vivaient en dessous du seuil de pauvreté. Une proportion qui atteint 78 à 80% dans les zones rurales.

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À consulter :

Résumé du rapport dans la revue Marine Policy (en anglais)