La justice française va enquêter sur les biens de la famille Ben Ali et d'Hosni Moubarak

Les biens de Zine el-Abidine Ben Ali (g.) et Hosni Moubarak, objets d'une information judiciaire en France (montage photo).
© © Reuters

La justice française va enquêter sur les fortunes des deux anciens présidents tunisien et égyptien. Après enquête préliminaire, le parquet de Paris a ouvert ce 14 juin deux informations judiciaires contre X pour blanchiment d'argent en bande organisée, l'une visant Zine el-Abidine Ben Ali et l'autre, Hosni Moubarak. La nouvelle a été accueillie avec satisfaction par les organisations de lutte contre la corruption.

Le parquet de Paris a annoncé ce vendredi 17 juin avoir ouvert deux informations judiciaires contre X pour blanchiment d'argent en bande organisée. L'une des informations vise la famille de l'ex-président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, réfugiée depuis le 14 janvier en Arabie saoudite, et l'autre, celle de l'ex-président égyptien Hosni Moubarak, en résidence surveillée à Charm-el-Cheikh.

Pour aller plus loin

Les associations de lutte contre la corruption Sherpa, Transparency International (TI) et la Commission arabe des droits humains ont porté plainte dès le 19 janvier contre Zine el-Abidine Ben Ali devant le procureur de la République de Paris. Une enquête préliminaire avait été alors ouverte. Mais devant la lenteur de la procédure, les associations ont déposé une nouvelle plainte le 9 juin, cette fois, avec constitution de partie civile, visant l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation d'un juge d'instruction.

Pour Me William Bourdon, président de Sherpa et avocat de TI, cette décision quoique tardive, est importante puisque les associations vont avoir accès aux dossiers de l'enquête et pouvoir demander des investigations complémentaires sur les biens des familles des deux anciens présidents.« Le point essentiel est que le juge d'instruction est une institution indépendante (...) Une enquête policière est sous contrôle » se réjouit l'avocat, en soulignant que cette indépendance peut être fort utile «Si par extraordinaire -ce n'est pas totalement impossible-, il y avait des aspérités, des frottements avec des intérêts français, et Dieu sait qu'il y eu du sang mêlé entre les opérations du clan Ben Alli et certaines opérations menées par des agents économiques français»

William Bourdon, président de Sherpa et avocat de Transparency International
18-06-2011

Les associations disposent de peu d'informations sur le patrimoine d'Hosni Moubarak en France. En revanche, elles en savent un peu plus sur les biens de l'ex-dirigeant tunisien Zine el-Abidine Ben Ali dont la fortune et celle de son entourage est évaluée à environ 5 milliards de dollars. La famille posséderait des hôtels particuliers à Paris, un chalet à Courchevel (Savoie) et une ou deux villas sur la Côte d'Azur.

12 comptes bancaires appartenant à 4 proches du président tunisien déchu ont déjà été saisis en France, pour un montant de 12 millions d'euros. Le 1er février, la justice française a par ailleurs saisi à l'aéroport du Bourget un avion privé appartenant à la famille Mabrouk, dont un des membres est un gendre de Ben Ali.

L'ancien président tunisien Ben Ali devrait être jugé par contumace à partir de ce 20 juin en Tunisie. Le procès d'Hosni Moubarak et de ses deux fils est attendu pour le 3 août en Egypte.

Le 25 février 2011 Sherpa et Transparency International ont déposé une première plainte à l'encontre de différents membres de la famille de Mouammar Kadhafi pour obtenir l'ouverture d'une information judiciaire. La justice française n'a pas encore tranché.

Par ailleurs, le 7 mars dernier, Sherpa et le R'nac (Réseau national anticorruption) ont déposé une requête auprès de l'Anti-Money Laundering and Suspicious Cases Units, une unité spéciale de la Banque centrale des Émirats arabes unis, visant à geler tous avoirs et fonds de la famille Ben Ali. 

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À consulter :

Égypte : les procès des dirigeants de l'ère Moubarak s'accèlerent. Article RFI du 9/5/2011.

 

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