Côte d'Ivoire - 
Article publié le : lundi 20 juin 2011 à 01:43 - Dernière modification le : lundi 20 juin 2011 à 16:26

Côte d'Ivoire : remise en liberté de dix-sept membres du camp Gbagbo

Jeannot Ahoussou Kouadio, ministre ivoirien de la Justice, assure que ces personnalités libérées n'étaient pas assignées à résidence.
Jeannot Ahoussou Kouadio, ministre ivoirien de la Justice, assure que ces personnalités libérées n'étaient pas assignées à résidence.
Sia Kambou / AFP

Par RFI

Dix-sept personnalités du camp de Laurent Gbagbo, dont l'ancien ministre de la Défense Michel Amani N'Guessan et l'ex-ministre de la Justice Yanon Yapo, ont été relâchées le 18 juin. Elles étaient retenues à l'Hôtel Pergola d'Abidjan depuis la chute de l'ex-président ivoirien le 11 avril dernier. Officiellement, il ne s'agit pas d'une libération puisqu'à l'exception de l'ex-ministre de la Justice Yanon Yapo qui a été libéré pour des raisons de santé, toutes les autres personnalités n'étaient pas assignées à résidence.

Quelques anciens ministres ayant perdu de leur influence bien avant la crise, une directrice du secrétariat particulier de l'ex-président Laurent Gbagbo ou bien encore une dame de compagnie de Simone Gbagbo, son épouse. A l'exception de l'ancien garde des Sceaux souffrant, toutes les personnalités qui ont quitté le 18 juin la Pergola sont loin d'être des ténors du régime déchu.

Aucune d'entre elles n'était officiellement assignée à résidence dans cet hôtel d'Abidjan ou bien visée par les enquêtes du procureur de la République. Selon le ministre ivoirien de la Justice, Jeannot Ahoussou Kouadio, elles n'ont d'ailleurs pas été libérées car elles n'étaient pas retenues mais protégées à leur demande par les nouvelles autorités. Il explique que ces personnes craignaient pour leur sécurité après la chute de Laurent Gbagbo à l'issue de dix jours de guerre dans Abidjan.

Jeannot Ahoussou Kouadio

Ministre ivoirien de la Justice

Certains de ces personnes étaient venues volontairement à la Pergola pour chercher la sécurité, le gouvernement leur a offert le gîte et le couvert (...). Quand je leur ai suggéré de partir, ils m'ont dit ne pas savoir où aller.

 

20/06/2011 par Cyril Bensimon

Dans les faits, si ces personnes n'étaient pas maltraitées, elles étaient en revanche privées d'une bonne partie de leur liberté. En leur permettant de regagner leur domicile ou un lieu sécurisé d'Abidjan, le gouvernement vient donc d'effectuer un geste d'apaisement à destination de l'opposition mais surtout de mettre un terme à une situation ambiguë qui lui valait de nombreuses critiques d'organisations de défense des droits de l'homme.

La vingtaine de caciques du régime déchu toujours assignés à résidence à l'Hôtel Pergola et tous ceux retenus dans le nord du pays devraient également voir leur situation se clarifier très rapidement. Le procureur de la République a en effet terminé ses enquêtes préliminaires et une information judiciaire devrait être ouverte dans le courant de la semaine.

Sylvain Miaka Ouretto, secrétaire général du FPI, Front populaire ivoirien, de Laurent Gbagbo se dit satisfait de cette décision et attend davantage du président Alassane Ouattara qui depuis qu'il a prêté serment, n'a pas cessé d'appeler à la réconciliation.

Sylvain Miaka Ouretto

Secrétaire général du FPI de Laurent Gbagbo.

C'est ce que nous attendions de la part des autorités (…). Nous les encourageons à aller plus loin afin que nous puissions procéder à la reconstruction de notre pays

 

20/06/2011 par Cyril Bensimon

tags: Alassane Ouattara - Côte d'Ivoire - Laurent Gbagbo - Politique Côte d'Ivoire
Fiche Pays :
Fermer