Tunisie : le procès historique de Ben Ali , sans accusé ni plaidoirie des avocats


©

Le premier procès de Zine el-Abidine Ben Ali qui s'est tenu le 20 juin est historique car rares sont les ex-dirigeants de pays arabes à avoir été jugés. Mais il a eu lieu sans l'accusé et les avocats n'ont pas été autorisés à plaider. Cette première audience express même si elle s'est soldée par une condamnation à 35 années de prison a laissé un goût amer chez ceux qui rêvaient de voir l'ex-président répondre de ses actes en personne, et des actes les plus graves qui lui sont reprochés. Ce qui est sûr, c'est que les audiences de lundi ne sont qu'un avant-goût de ce qui attend Zine el-Abidine Ben Ali et ses avocats.

La Tunisie après Ben Ali

L'ancien chef de l'Etat est poursuivi pour plus de 90 chefs d'inculpation. Et de nouvelles affaires s'ajoutent régulièrement à celles qui sont annoncées. Les plus importantes ont été transmises à la justice militaire. Ce qu'on sait c'est que Zine el-Abidine Ben Ali sera notamment jugé par un tribunal militaire pour conspiration contre l'Etat, torture et homicide volontaire, des accusations en lien avec la féroce répression qui s'est abattue sur les manifestants durant les quatre semaines de soulèvement populaire.

Une répression qui a fait près de 300 morts, mais dont l'ancien raïs nie déjà la responsabilité. « Je n'ai jamais donné l'ordre de tirer à balles réelles », s'est-il déjà défendu par la voix de son avocat. Il encourt la peine capitale.

Ce procès est attendu par toutes les familles de victimes mais elles n'auront pas le droit de se constituer partie civile devant la juridiction militaire. Reste à savoir si les avocats auront le droit de plaider. Cela n'a pas été le cas lundi en référence à l'article 141 du code de procédure pénale.

L’ancien bâtonnier qui défend des familles de victimes de la répression, Abdelfettah Benmoussa l'assure pourtant, c'est un droit de la défense même en l'absence de l'accusé sinon pourquoi commettre des avocats d'office ? s'interroge t-il. Sans l'accusé, et peut-être sans plaidoirie, les prochains procès risquent comme celui de lundi de décevoir un certain nombre de Tunisiens.

L'essentiel reste à faire.
Mâître Abdelfettah Benmoussa
10-10-2013 - Par Marie-Pierre Olphand

Pour sa part, Bochra Bel Haj Hamida, ancienne présidente de l'association des femmes démocrates, -une des associations de la société civile tunisienne qui compte- et avocate, juge que c'est un premier pas même si le procès ne répond à toutes les attentes.

La lecture même de l'acte d'accusation en public par exemple est déjà une chose importante.
Bochra Ben Haj Hamida
10-10-2013 - Par Marie-Pierre Olphand

Et pour Ben Ali, sa condamnation par contumace, à 35 ans de prison et à des amendes colossales pour détournement de fonds, est une liquidation politique, selon un communiqué transmis par son avocat français Jean-Yves Le Borgne.

L'ex-président constate qu'au terme d'une parodie de justice,(...), il a été condamné à une peine d'élimination.
Maître Jean-Yves Le Borgne
10-10-2013 - Par Constance de Bonnaventure

 

 

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.