Le procès Butare devrait enfin livrer son verdict, 10 ans après son ouverture

Les bureaux du Tribunal Criminel International pour le Rwanda à Arusha, (2003).
© (CC)/Tomsudani/Wikipédia

C’est un verdict qui s’est fait attendre pendant dix ans, le procès Butare au tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) va enfin trouver sa conclusion en première instance. A la barre six accusés de génocide et crimes contre l’humanité. Deux anciens maires, deux anciens préfets, et Pauline Nyimarasuhuko, l’ancienne ministre de la Famille, seule femme détenue par un tribunal international poursuivie pour génocide et incitation aux viols, ainsi que son fils, Shalom Ntahobali. Ce procès phare du TPIR aura aussi duré longtemps et coûté beaucoup d’argent.

Avec notre correspondante à Nairobi

Le procès Butare a débuté en juin 2001. Il aura fallu attendre dix ans pour connaître le verdict, les débats ont été clos en 2009.

Pourquoi une telle durée, d’abord parce que ce procès collectif contient le plus grand nombre d’accusés. 6 personnes à la barre, deux anciens maires, deux anciens préfets, et l’accusée phare, Pauline Nyimarasuhuko, seule femme détenue par la justice internationale, accusée de génocide et d’incitation aux viols, et enfin son fils Shalom Ntahobali, chef présumé de la milice interahamwe à Butare.

Un nombre record de témoins a été appelé à la barre, et surtout, très rapidement, un conflit d’intérêt entre les accusés a émergé, certains rejetant la responsabilité sur d’autres, semant la confusion du côté de la défense. De plus, les interrogatoires ont été très longs, des témoins experts pouvant rester plus d’un mois dans le box.

Le traitement de témoins à charge a également posé problème, à la suite d’une déposition qui s’est mal déroulé, les associations de rescapés ont interrompu toute collaboration avec le tribunal durant plusieurs mois.

Portrait de Pauline Nyiramasuhuko, accusée phare du procès Butare

Pauline Nyiramasuhuko fille d’un couple de modestes paysans a passé son enfance dans une commune rurale de la province de Butare. Elle entame une carrière de fonctionnaire dans les affaires sociales et fait une rencontre décisive pour la suite : elle devient amie avec Agathe Kanziga, future première dame.

Pauline fait partie des premières femmes rwandaises promues ministres en 1992. Alors qu’à l’avènement du multipartisme en 1990, beaucoup d’intellectuels et d’officiels originaires de Butare passent dans l’opposition au MNRD, Pauline elle reste une fidèle parmi les fidèles.

Elle se marie avec Maurice Ntahobali, qui occupera des fonctions de président de l’Assemblée nationale, et ministre. Durant les années 90, Pauline se forge une réputation de farouche anti tutsi. A la fin du génocide, elle fuit le Rwanda pour se réfugier dans l’est du Congo, où elle commence à être mise en cause par les organisations des droits de l’homme, puis se cache au Kenya.

C’est à Nairobi qu’elle est arrêtée en 1997, avec son fils Shalom Ntahobali, leader présumé de la milice locale interahamwe, qu’elle incitait selon l’accusation à violer les femmes tutsies pendant le génocide.

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