Lendemain d’émeutes à Dakar

Au Sénégal, les badauds devant l'agence de Sénélec de Ouakam le mardi 28 juin 2011 au lendemain des émeutes de l'électricité.
© RFI/ Laurent Correau

Le calme régnait ce mardi 28 juin 2011 dans la matinée à Dakar après une nuit d’émeutes liées à une nouvelle vague de délestages. Dans les quartiers qui ont manifesté, les traces des violences étaient cependant encore visibles.

De notre correspondant à Dakar

En dépit de la poursuite des délestages, le calme était revenu ce mardi 28 juin dans la matinée à Dakar. Dans de nombreux endroits on pouvait voir de longues traînées noires de cendres laissées par les pneus brûlées, ou des pierres encore présentes sur la chaussée.

Les traces les plus spectaculaires des manifestations étaient sans doute celles qu’on trouvait dans les bâtiments saccagés. Notamment les agences de la compagnie publique d’électricité, la Sénélec, qui ont été particulièrement visées par les manifestants.

A l’agence de Ouakam, par exemple, les vitres ont été brisées, du mobilier brûlé, un extincteur est encore posé au milieu des papiers répandus sur le sol. Les factures imprimées lancées à l’extérieur du bâtiment ont fait le bonheur des enfants qui jouaient avec elles.

Dans la nuit de lundi, ce sont de véritables scènes de pillages qui se sont pourtant déroulées dans cette agence. Un jeune s’acharnait sur un appareil de la Sénélec et tentait de le fracasser en le jetant par terre à plusieurs reprises. D’autres s’emparaient d’une porte ou d’une assiette et les emportaient comme trophée.

Raisons des délestages

C’est une nouvelle vague de délestages qui a été à l’origine de cette explosion de colère. La privation d’électricité a embrasé Dakar, sa banlieue et la localité de Mbour à 80 kilomètres plus au sud.

Pourquoi ces nouveaux délestages ? La Sénélec a publié un communiqué dans lequel elle invoque le croisement de différentes choses.

Un manque tout d’abord de combustible pour ses propres centrales. Les « nouveaux » contrats sécurisés par le Fonds de soutien à l’énergie ne commenceront qu’en juillet.

Il y aurait également -dit la Sénélec- des pannes sur certaines machines vétustes alors qu’au même moment des travaux de maintenance ont nécessité de mettre à l’arrêt certains groupes.

Certaines centrales privées qui auraient théoriquement pu prendre le relais en ont par ailleurs été empêchées en raison des délais de décantation nécessaires pour utiliser leur combustible.

Période de turbulences sociales ?

Ces délestages et les émeutes qu’ils ont entraînées tombent au plus mal pour Abdoulaye Wade. Le président sénégalais a déjà dû faire face le 23 juin dernier à une contestation d’une virulence inédite sur son projet de réforme de la constitution. Au cours de ces manifestations des jeunes qui ne se mobilisaient habituellement pas sur des mots d’ordre politiques sont venus en première ligne.

Ce lundi 27 juin, des jeunes manifestants sont à nouveau passés à l’acte. Ils sont descendus dans les rues pour des « émeutes de l’électricité » d’une ampleur elle aussi nouvelle.

Il y a un risque, pour le pouvoir, de voir un cycle de protestation s’engager, si les animateurs du mouvement du 23 juin parviennent à canaliser cette frustration des populations, s’ils parviennent à maintenir la mobilisation.

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