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Libye

En Libye, les insurgés progressent vers Tripoli


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En Libye, sur le terrain, les insurgés ont enregistré des progrès au sud-ouest de Tripoli, plus précisément dans les montagnes du djebel Nafoussa, un massif en plein désert. Ils ne seraient plus, ce mercredi 29 juin 2011 à la mi-journée, qu'à une cinquantaine de kilomètres de la capitale.

Cette zone des montagnes du djebel Nafoussa est particulière car elle est peuplée d'une minorité berbère et les populations se sont soulevées dès le début de la révolte, à la mi-février, contre le régime. Ces dernières semaines, c'est donc dans cette région que les insurgés ont avancé, d'ouest en est sur une ligne de crête. De Nalout, près de la frontière tunisienne, ils ont ensuite pris les localités de Tiji, Chakchouk, puis Yefren.

Depuis dimanche dernier, ils affirment être à une quinzaine de kilomètres au sud de Bir al-Ghanam. C'est est une localité stratégique car elle est à la jonction des routes en direction de Tripoli - à une cinquantaine de km plus au nord - et de Zawiya, la ville côtière qui est aux mains des loyalistes.

Et puis l’autre succès pour les insurgés, c'était mardi : ils ont pris d'assaut un important dépôt de munitions, à 25 km au sud de Zenten. Ils ont maintenant le contrôle de stocks d'armes et de munitions supplémentaires à savoir des mitrailleuses et des roquettes. C’'est bien sûr un enjeu essentiel, en cas d'avancée vers Tripoli, pour faire face aux chars des forces pro-Kadhafi stationnés dans la plaine.

C'est donc sur ce front sud que les choses bougent en ce moment et c'est peut être là que se jouera aussi le dénouement. En revanche, sur la côte c'est le statu quo aussi bien à Misrata, le grand port à 200 km à l'est de Tripoli, qu'à Brega sur le front est.

La France a parachuté des armes au sud de Tripoli

Ces dernières semaines, la France a procédé à des parachutages d’armes dans la région du Djebel Nafoussa, au sud de Tripoli, pour aider les rebelles libyens. L'information a été révélée par le quotidien français Le Figaro, et confirmée par l'état-major des armées françaises. En décidant d'armer directement les rebelles de la région du Djebel Nafoussa, la France a agi seule, sans intermédiaire et sans l'aide des ses alliés britanniques.

Depuis le début de la crise libyenne, de l'armement avait déjà été discrètement fourni aux rebelles. Des missiles anti-char et des équipements radio, principalement fournis par le Qatar, entraient par Benghazi, le fief du Conseil national de transition (CNT), et étaient ensuite transportés, par bateau, vers Misrata.

D'aprés cette fuite de la DGSE, les services de renseignement français auraient réussi cette fois-ci à livrer des lance-roquettes, des fusils d'assaut et des missiles Milan -des missiles antichar guidés- qui pourraient ainsi donner un avantage aux rebelles face aux chars du colonel Kadhafi. Reste encore à savoir quelle quantité d'armement a réellement été livrée.

Quoi qu'il en soit, les responsables occidentaux souhaitent provoquer une réaction de l'armée de Kadhafi, soit en l'obligeant à manœuvrer, afin qu'elle dégarnisse son dispositif autour de Tripoli, soit en ouvrant deux fronts autour de la capitale : l'un à l'est ; l'autre au sud pour prendre en tenaille la capitale.

Enfin, cette nouvelle pourrait aussi redonner du courage aux révolutionnaires et, pourquoi pas, provoquer un soulèvement à Tripoli si la population sent que les rebelles sont sur le point d'entrer dans la capitale.

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