Libye : conditions de vie difficiles à Benghazi

Des femmes préparent des milliers de repas chaque jour pour les déplacés et pour les combattants de la rébellion, à Benghazi, en Libye.
© REUTERS/Mohammed Salem

Mouammar Kadhafi s’accroche toujours au pouvoir plus de cent jours après les premières frappes de la coalition. Et les habitants de la Libye insurgée commencent à tirer la langue. L’aide financière promise par le groupe de contact arrive au compte-gouttes dans les caisses du Conseil national de la transition. L’électricité et l’eau ne sont plus facturées dans les villes de l’Est, ce qui n’empêche pas des frustrations de pointer à Benghazi, la capitale des insurgés.

Au supermarché du quartier modeste de Sidi Younes, Fatma Alfergini, une enseignante au chômage technique, est attentive aux prix car ils sont en hausse et elle n’a pas touché de salaire depuis deux mois. « Un sachet de macaronis c’était un quart de dinars. Maintenant c’est un demi. Tous les prix ont doublé, et les produits sont de moins bonne qualité », se lamente Fatma.

Dans certains quartiers de Benghazi, neuf magasins sur dix ont les rideaux de fer baissés. Les commerçants employaient souvent des travailleurs étrangers qui ont fui après la révolution.

Abdel Fergel peine à faire tourner sa boutique de matériel informatique. Avant, il se fournissait à Tripoli, mais la route de l’ouest est fermée.

« Ce n’est pas l’anarchie ici »

La frontière avec l’Egypte est ouverte, mais il a peu de clients, donc pas suffisamment d’argent pour passer commande là-bas. Alors il écoule son stock, en attendant la fin du conflit.

Le risque pointe de voir des éléments extrémistes s’imposer à la faveur de ces frustrations. Mais ce professeur d’université n’est pas inquiet : « Ce n’est pas l’anarchie ici », explique-t-il.

Même si la route de la liberté est parsemée d’embûches, les habitants de Benghazi s’en félicitent et font preuve de civisme et de solidarité.

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