En Libye, la religion est au coeur des débats

A Benghazi, lors de la prière du vendredi, le 24 juin 2011
© REUTERS/Esam Al-Fetori

En Libye, le Conseil national de transition planche déjà sur l’après-Kadhafi. Un débat fait rage autour de la place de la religion. Une déclaration d’intention selon laquelle la charia doit être l’unique source des lois du pays a fait l’objet de vifs échanges. Sur la place de la Révolution à Benghazi, des femmes qui préfèrent être à l’abri des regards ont fait dresser des palissades.

Stands de musique et de gadgets en tout genre, tricycles pour les enfants, la corniche devant le palais de justice, haut lieu de la révolution, a désormais des allures de kermesse. On s’y promène en famille, mais juste devant le tribunal, des femmes voilées ont érigé des palissades de deux mètres cinquante de haut. « De l’autre côté, les gens mangent et ils fument. Nous sommes mieux ici entre femmes, et puis c’est ce que veut l’islam », explique Rabia Am Hamad Alaissaoui, la responsable.

Le carré des femmes fait débat. Leïla, une mère de famille, qui a séjourné aux Etats-Unis, est contre. « Au début de la révolution, nous étions tous ensemble. Les hommes et les femmes se sont soulevés ensemble, alors pourquoi les sépare t-on sur notre place de la Révolution ? », proteste-t-elle. Le carré des femmes divise au sein même du CNT.  « Elles sont enfermées dans une cage. Dans ma ville natale de Zouara, on ne pourrait jamais faire ça. Personne ne pourra mettre des femmes dans un endroit renfermé comme ça ! », s'insurge Othman Bensasi, le représentant d'une ville de l'ouest du pays.

Le CNT veut éviter une partition du pays. Mais Mouammar Kadhafi a favorisé l’épanouissement des femmes, ce qui a choqué les dévots de la Cyrénaïque à l’est. Ils prennent aujourd’hui leur revanche, mais de toute évidence ne font pas l’unanimité en Libye.

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