L’indépendance du Soudan du Sud officiellement proclamée


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Un nouvel Etat a vu le jour ce 9 juillet, le 193e reconnu par l’ONU, le 54e membre de l’Union africaine : la toute nouvelle République du Soudan du Sud. L’avènement du pays survient six mois exactement après le référendum d’autodétermination, après un accord de paix signé en 2005, des années de guerre et des rivalités encore très loin d’être apaisées. La cérémonie d’indépendance, pleine d’émotion, a débuté avec un peu de retard. Le Soudan du Sud a choisi Juba pour capitale, un nouveau drapeau qui ressemble à celui du voisin du nord pour la composition mais reprend les couleurs du voisin du sud, le Kenya, avec sur un triangle bleu comme le Nil, une étoile jaune, comme l’espoir. L’indépendance a été formellement proclamée.

Avec notre envoyée spéciale à Juba

C’est le speaker du Parlement, James Wanni Igga, qui a officiellement déclaré l’indépendance. Puis le drapeau soudanais a été amené et celui du Soudan du Sud hissé. Et quand il a commencé à flotter dans les airs, un homme dans la foule a tout simplement éclaté en sanglots, une femme s’est pratiquement évanouie, tout le monde a crié. C’était quelques secondes absolument magiques.

Des dizaines de milliers de Sud-Soudanais s’étaient rassemblés, ils ont vraiment partagé une grande émotion. Un moment très touchant, électrique, qui submerge l’espace d’un instant.

Le président Salva Kiir a signé la Constitution et les gens qui sont là depuis 7 heures du matin sont toujours debout malgré le soleil. On sent une vraie détermination et tout le monde lève la tête pour boire et chanter « Soudan du Sud oyé, Salva Kiir oyé ».

Suite à la cérémonie, le président américain Barack Obama, le Premier ministre britanique David Cameron et l'Etat français ont annoncé ce samedi la reconnaissance officielle par leur pays respectif de la nouvelle République de Soudan du Sud.

Les discours se sont succédé à la tribune

Beaucoup d’allocutions très courtes ont été prononcées. Il faut noter celle de Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, qui a bien sûr salué ce grand événement historique pour le pays. Il a été un des seuls à pointer du doigt la nécessité d’un partenariat entre le Nord et le Sud et plusieurs points qui restent toujours en contentieux, notamment la région Abyei, mais aussi la région du Sud-Kordofan où les conflits continuent : « Des affrontements meurtriers, des violences provoquées par une rhétorique dangereuse ».

C’est ensuite Susan Rice, la représentante américaine à l’ONU, qui a encouragé le Soudan du Sud à mettre en place une véritable démocratie avec un système de respect des droits de l’homme. Beaucoup de discours similaires ont salué cet événement historique, mais toujours, en filigrane, pour souligner les nombreux points encore à négocier entre le Nord et le Sud.