Appels de l’ONU et de l’Union africaine pour éviter une tragédie humaine dans la Corne de l’Afrique


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La Somalie, l’Ethiopie et le Kenya sont frappés par la pire sécheresse en 60 ans, entraînant le déplacement de plusieurs milliers de personnes, la perte de récoltes et de bétail, l’envolée des prix des denrées alimentaires et la famine. L’ONU et l’Union africaine lancent un appel aux dons et à la solidarité, en particulier avec la Somalie où la situation est la plus grave.

La Somalie compte parmi les pays où les taux de malnutrition sont parmi les plus élevés au monde et où une personne sur trois a besoin d’aide humanitaire. La sécheresse, mais également les combats qui sévissent dans le sud et le centre du pays ont considérablement aggravé la situation sur le terrain. Depuis le début de l’année, 135 000 personnes ont fui au Kenya et en Ethiopie. Le 5 juillet 2011, l’ONU a parlé « d’une tragédie humaine inimaginable ».

C’est surtout dans le sud de la Somalie que les gens ont besoin d’aide. Leur état de santé est très critique et le nombre d’enfants qui souffrent de malnutrition augmente de façon dramatique de jour en jour. Chaque jour, des enfants et des adultes meurent des conséquences de la malnutrition.
Mardi 12 juillet 2011, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a convoqué une réunion d’urgence et a lancé un appel aux dons. Il s’est dit « extrêmement préoccupé » et a rappelé que les agences de l’ONU n’avaient reçu que la moitié des 1,6 milliard de dollars nécessaires aux programmes d’assistance dans la région.

La sécurité dans le sud de la Somalie est une priorité

Les insurgés islamistes shebab ont annoncé la semaine dernière qu’ils étaient prêts à autoriser la présence des organisations humanitaires étrangères sur les territoires qu’ils contrôlent, en raison précisément de la gravité de la sécheresse.

Au micro de RFI, Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, rappelle la nécessité qu’il y a à sécuriser la région et rappelle également les facteurs qui contribuent à la situation actuelle.


Nous accueillons favorablement cette nouvelle attitude des groupes shebab. Nous espérons qu’elle soit suivie d’effet, à savoir des garanties de sécurité pour le personnel humanitaire qui doit aller dans ces régions.
Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU
10-10-2013 - Par Cécile de Commarmond


Autre sujet de préoccupation : les déplacements de population. Lors d’un point de presse en début de ce mois de juillet, Melissa Fleming, porte-parole du Haut Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR), a estimé que désormais « un quart de la population somalienne de 7,5 millions de personnes est soit déplacée à l’intérieur du pays, soit vit à l’extérieur du pays en tant que réfugié ».
Les gens se déplacent vers les grands centres urbains, comme Mogadiscio, ou bien ils passent les frontières pour arriver en Ethiopie ou encore au Kenya où ils se réfugient dans le plus grand camp de la région : le camp de Dadaab. Ce camp accueille actuellement, et chaque jour, 1 400 personnes venues de Somalie. Conçu pour héberger une population maximale de 90 000 personnes, il en abrite désormais 382 000.

Le Kenya confronté aux besoins des populations locales et à ceux des réfugiés

Selon les données de l’ONU, la sécheresse touche notamment 3,2 millions de personnes au Kenya, 2,6 millions en Somalie, 3,2 millions en Ethiopie et 117 000 à Djibouti. Par ailleurs et dans cette même région, 12 millions de personnes manquent ainsi de nourriture.

Au Kenya, les populations les plus affectées par la famine se trouvent essentiellement au nord du pays. Ces personnes n’ont rien à manger. La situation alimentaire et humanitaire est très difficile. Les conséquences de cette sécheresse sur la situation économique générale du Kenya se font aussi sentir même si, pour l’instant, l’impact n’est pas majeur.


Au micro de RFI, Betty Maïna, qui dirige le patronat kényan, explique que le pouvoir d’achat s’est effondré car les gens qui sont affectés par la sécheresse ne peuvent plus travailler.

Ils ont tout perdu : leurs animaux, leurs récoltes, donc il n’y a plus de pouvoir d’achat.
Betty Maïna, dirigeante du patronat kényan
10-10-2013 - Par Jean-Pierre Boris