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ONU Somalie

L’état de famine est désormais décrété en Somalie

Parmi les principaux pays de la Corne de l’Afrique affectés par une sécheresse sans précédent depuis 60 ans, la Somalie est le pays où la situation est la plus tragique.
© EUTERS/Thomas Mukoya

Après avoir lancé un appel aux dons pour éviter une tragédie humaine dans l’ensemble de la Corne de l’Afrique, l’ONU a décrété, ce mercredi 20 juillet 2011, « l’état de famine » dans le sud de la Somalie. Les régions de Bakool et Lower Shabelle sont les plus touchées. Et la crise pourrait s’étendre à toute la région si l’aide internationale n’est pas à la hauteur des besoins.

L’ONU énumère plusieurs critères, comme par exemple le taux de mortalité important, la malnutrition ou encore l’accès difficile à l’eau, pour définir l’état de « famine » qu’elle vient de décréter en Somalie.

Parmi les principaux pays de la Corne de l’Afrique affectés par une sécheresse sans précédent depuis 60 ans, à savoir le Kenya, l’Ethiopie, Djibouti et l’Ouganda, la Somalie est le pays où la situation est la plus tragique. En effet, le pays se trouve dans un état permanent de guerre civile. Les régions du sud sont contrôlées par les insurgés islamistes shebabs qui, jusqu’à il y a encore quelques semaines, interdisaient l’accès des organisations humanitaires aux populations.

La prise de conscience des shebabs

Ainsi depuis deux ans, l’accès humanitaire pour l’ONU était en partie impossible, tandis que les ONG faisaient face à des demandes de taxes exorbitantes. La situation désespérée de cette forte sécheresse a fait prendre conscience aux shebabs, sous peine de se mettre sérieusement à dos la population, de la nécessité de l’aide ; ils se sont alors engagés à laisser les convois circuler librement. Le 18 juillet dernier, les Nations unies ont commencé à acheminer de l’aide alimentaire vers la Somalie. L’Unicef a annoncé, quant à elle, avoir mis en place un pont aérien vers Baïdoa, dans le sud du pays, et un autre vers Mogadiscio, afin d’y apporter en urgence, vivres et médicaments.

Néanmoins, les questions sécuritaires ne sont pas totalement réglées. Au micro de RFI, Marthe Evrard, directrice de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Somalie, expliquait ainsi la complexité de la situation : « Les shebabs, en tant que groupes, n’adhèrent à aucune politique en particulier, à aucune structure cohérente, à aucun système et cela rend notre tâche très difficile ». Du coup, comme nous explique Lucile Grosjean, porte-parole d'Action contre la faim (ACF), les négociations se font au cas par cas et les organisations humanitaires passent par l’administration locale mais aussi par les communautés sur place.

Il y a des comités de sécheresse qui se sont créés ; ce sont aussi ceux qui vont négocier pour que nous puissions travailler sur place.

Lucile Grosjean, porte parole d'Action Contre la Faim
20-07-2011

Une contribution rapide et plus généreuse de la communauté internationale

L’ONU réclame 300 millions de dollars, en urgence, pour faire face à la crise. Dans le sud de la Somalie, 350 000 personnes souffrent de famine et si rien n’est fait, ce sont les huit régions de la Somalie centre et sud qui pourraient être touchées. Toutes ces personnes ont besoin non seulement de nourriture mais également de médicaments. Selon un responsable de santé à l’Unicef, cité par le journal Le Monde daté du jeudi 21 juillet, « 500 000 enfants sont en danger sanitaire en Somalie ».

Au micro de RFI, Elise Ford, de l’ONG Oxfam, affirme que la situation va empirer, car les prochaines pluies – si elles arrivent – ne sont pas attendues avant le mois d’octobre. Elle appelle à une contribution « plus rapide et généreuse » de la communauté internationale pour une aide immédiate mais aussi pour une action préventive à long terme. Elle insiste également sur l’importance d’une mobilisation de la part des gouvernements de la région pour répondre efficacement à cette crise qui est vraiment de très grande ampleur.

Nous sommes au mois de juillet. Nous savons que la situation va empirer et que le pire arrivera au mois d’octobre.

Elise Ford, coordinatrice d'Oxfam, pour la Corne de l'Afrique.
20-07-2011

Dans la Corne de l’Afrique, la famine menace 12 millions de personnes. Aujourd’hui, Oxfam affirme que, sur le milliard de dollars supplémentaires nécessaire pour faire face à la crise humanitaire, seuls 200 millions de dollars ont été fournis. 800 millions manquent donc à l’appel. Seule une mobilisation internationale et durable peut enrayer ces crises meurtrières et récurrentes.

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