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Malawi

Situation tendue au Malawi où le maintien de l’ordre s’est terminé dans le sang

Des manifestants en colère dans les rues de Blantyre, la capitale économique du Malawi, le 20 juillet 2011.
© REUTERS/Eldson Chagara

Des milliers de personnes ont pris part mercredi 20 juillet 2011 à des marches antigouvernementales dans plusieurs villes du Malawi pour dénoncer la mauvaise gouvernance du président Bingu wa Mutharika. Dix huit personnes sont mortes lors d'affrontements avec la police, a indiqué le ministère de la Santé dans un bilan provisoire et l'armée a été déployée dans la capitale.

C'est l'heure des décomptes macabres au Malawi. Le sang a coulé dans la capitale Lilongwe mais aussi à Mzuzu dans le nord où neuf décès ont été recensés. Moses Mkandawire est responsable d'une organisation presbytérienne, il revient d'une morgue dans l'un des hôpitaux de la ville. « J’ai vu sept cadavres de gens qui ont succombé à des blessures par balles. Les officiers de police ont tiré à balles réelles sur des citoyens du Malawi. C’est grave ! », accuse-t-il.

Le président sur le gril

Selon plusieurs témoins, les policiers ont également agressé des photographes et des journalistes. Les organisateurs ne nient pas que des manifestants de leur côté se sont livrés à des pillages et ont mis le feu à des résidences. Lors d’une allocution radiophonique, le président Mutharika a accusé les manifestants d'œuvrer pour Satan, tout en les invitant à dialoguer. Il a également indiqué qu'il n'avait nullement l'intention de quitter le pouvoir.

« Un mauvais discours », regrette Undule Mwakasungura, figure de la défense des droits de l'homme au Malawi, et organisateur des marches antigouvernementales. « Il n’a pas proposé de solutions pour apaiser les préoccupations qui ont poussé les gens à manifester. Et puis, a-t-il insisté, il n’a pas évoqué le problème de la police. La police a fait preuve d’un manque de professionnalisme criant. Dans le domaine du maintien de l’ordre, il y a encore beaucoup de progrès à faire ! », a-t-il conclu.

La situation demeurait tendue jeudi 21 juillet en fin de journée à Lilongwe. L'armée patrouillait dans la capitale, où de nouveaux pillages et affrontements entre opposants et policiers ont été signalés. 

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