Côte d’Ivoire : une commission d’enquête pour faire la lumière sur les exactions commises après les élections


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Le président ivoirien Alassane Ouattara vient d’instaurer par décret, en date du 20 juillet 2011, une commission nationale d’enquête sur les violations des droits de l’homme survenues après l’élection présidentielle du 28 novembre dernier. Dans les semaines qui ont suivi, au moins 3 000 personnes ont été tuées. Les organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme sont invitées à collaborer.

Les membres de la commission seront connus d’ici la fin du mois de juillet, date à partir de laquelle ils seront appelés à démarrer les travaux. La commission aura alors six mois pour remettre au président Alassane Ouattara les conclusions et « recommandations » de ses travaux.

Nous savons d’ores et déjà qu’elle ne mènera pas d’enquêtes judiciaires mais cherchera à comprendre « comment et pourquoi des violations aussi graves et massives » ont pu être commises. Son rôle ne sera pas celui d’engager des poursuites mais d’établir la vérité. Pour cela, la vingtaine de membres qui la composeront seront issus de divers horizons. Au micro de RFI, Bruno Koné, porte-parole du gouvernement ivoirien, nous donne des précisions sur la composition de cette commission.

Il y aura des représentants des ministères directement concernés par tout ce qui s’est passé.
Bruno Koné, porte-parole du gouvernement ivoirien.
10-10-2013 - Par Charlotte Idrac

 Apporter des réponses aux ONG

A la demande du président Ouattara, cette commission nationale d’enquête travaillera également « en parfaite synergie avec toutes les organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme ».

Elle devra justement « apporter des réponses appropriées » aux rapports d’ONG internationales qui ont accusé le camp de l’ex-président Laurent Gbagbo comme le camp Ouattara de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. C’est le cas par exemple de l’ONU. Dans son dernier rapport, en conclusion, l’Organisation des Nations unies recommandait au gouvernement ivoirien de veiller à ce que les auteurs de ces violations soient traduits en justice.

Amnesty International, la Fédération internationale des droits de l’homme et Human Rights Watch ont, elles aussi, dénoncé nombre d’exactions commises pendant la période de crise née de la contestation, par le président sortant Laurent Gabgbo, de la victoire de son rival Alassane Ouattara, et qui a pris fin avec la défaite militaire et l’arrestation de Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011.

Au micro de RFI, Wodjo Fini Traoré, coordinateur de la COSOPCI (Coalition de la société civile pour la paix et le développement démocratique en Côte d’Ivoire), approuve cette action du gouvernement ivoirien qui vise à éclairer l’opinion publique nationale et internationale sur les exactions commises en Côte d’Ivoire.

Pour nous, tout ce qui va dans le sens d’éclairer l’opinion publique, c’est une très bonne chose.
Wodjo Fini Traoré, coordinateur de la COSOPCI (Coalition de la société civile pour la paix et le développement démocratique en Côte d’Ivoire)
10-10-2013 - Par Charlotte Idrac

Parallèlement à la constitution de cette commission d’enquête, la justice ivoirienne poursuit ses enquêtes. Elles ont déjà conduit à la détention de 25 personnalités pro-Gbagbo, inculpées d’atteinte à la sûreté de l’Etat ou d’infractions économiques. De tous ces détenus, le plus encombrant est certainement l’ex-président Laurent Gbagbo. Pour plus de « transparence », certains, dans les cercles du pouvoir, souhaiteraient le voir jugé par la Cour pénale internationale mais, pour l’instant, la CPI n’a pas encore décidé d’enquêter sur les crimes de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire.

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