Madagascar - 
Article publié le : vendredi 22 juillet 2011 à 00:45 - Dernière modification le : lundi 01 octobre 2012 à 01:43

Madagascar lutte contre l’invasion de criquets

Pour la première fois, Madagascar a utilisé un biopesticide à base d'un champignon mortel pour les criquets.
Pour la première fois, Madagascar a utilisé un biopesticide à base d'un champignon mortel pour les criquets.
Getty / Berit Myrekrok

Par RFI

Il y a quelques semaines, la FAO avait prévenu que 13 millions de Malgaches pouvaient être menacés par des invasions de criquets dans les mois à venir, et avait ainsi débloqué 7,6 millions de dollars pour un traitement à partir de novembre, lors de la prochaine saison des pluies. Mais les grosses concentrations de criquets sont déjà là, dans le sud du pays, et le Centre national de lutte antiacridienne a donc encore du travail cette année, alors que normalement, à cette époque, il n’existe plus de risques que la situation dégénère.

C’est la pluie abondante et inhabituelle dans le sud malgache qui serait à l’origine de cette recrudescence de criquets. Ainsi, en ce mois de juillet, deux avions Joker de l’armée malgache effectuent des vols réguliers pour pulvériser d’insecticides des milliers d’hectares principalement autour des villes d’Ivohibe et d’Ambovombe. Ces traitements curatifs permettent d’éviter que les insectes ne se multiplient et ravagent ainsi encore plus les plantations, déjà maigres dans cette zone. C’est évidemment quand les criquets sont au sol que l’on peut le plus facilement les traiter et, selon les responsables de la lutte antiacridienne, les opérations de ces derniers jours ont été facilitées par la forte concentration des essaims.

Alors qu’une lourde menace plane depuis longtemps, il semble que les mesures prises cette année ont permis d’éviter une catastrophe. Et avec la multiplication des traitements, Madagascar a dû utiliser pour la première fois à grande échelle un biopesticide, tiré d’un champignon mortel pour les criquets. Car il serait inutile de protéger les terres des ravages des insectes si on les rendait finalement infertiles à cause des traitements chimiques.

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Madagascar lutte contre l’invasion de criquets

Il aurait été bon d'illustrer cet article avec une photo de criquets malgaches (Locusta migratoria et Nomadacris septemfasciata) et non avec une photo d'un criquet sud-américain (Tropidacris collaris) sans aucun rapport.

Par ailleurs, il serait bon de se demander pourquoi, après 10 années d'assistance internationale au service malgache de lutte contre les criquets, Madagascar se retrouve de nouveau dans cette situation, incapable de maîtriser seul ce qui n'est pas encore une invasion - comme en 1997-1998 - mais des pullulations importantes que le pays devrait être à même de gérer. A quoi ont servi les millions de la France, de la Banque Africaine pour le Développement, de l'Europe, de la Banque Mondiale, etc. versés entre 1998 et 2009 pour renforcer le service de surveillance et de lutte, ses infrastructure et la compétence de son personnel ? Comme lors des crises précédentes, dès que le projet d'assistance internationale se termine, le pays se révèle incapable, seul, de faire face à ce fléau (l'avant dernier exemple étant celui de l'appui allemand terminé en 1995 et suivi dès 1997 par une invasion ayant ravagé l'ensemble du pays). Il est temps de repenser notre mode d'intervention et pour Madagascar de revoir la conception de son service de lutte.

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