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Brigandage et piraterie dans le golfe de Guinée

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Ce week-end, un bateau italien a été attaqué au large du Bénin, dans le golfe de Guinée. C’est dans la nuit de samedi à dimanche, le 25 juillet 2011, que les forces navales béninoises ont reçu des appels des balises de détresse du navire Rbd-Anema-e-Core alors qu’il se trouvait à une trentaine de kilomètres au sud de Cotonou. Deux patrouilles de la marine béninoise sont à la recherche des pirates.

Le Rbd-Anema-e-Core battant pavillon italien effectuait un transport de gasoil avec à son bord 23 hommes d’équipage, dont 20 Philippins, deux Italiens et le commandant de bord de nationalité roumaine. L’attaque s’est produite au large du Bénin à 30 km au sud de Cotonou, à proximité du Nigeria. Aussitôt alertées par le déclenchement des balises de détresse, les forces navales béninoises ont dépêché en haute mer à la poursuite des pirates, deux patrouilles d’intervention qui quadrillent le secteur. Depuis Rome, le ministère italien des Affaires étrangères a mis en place une cellule de crise pour suivre la situation.

Hommes armés sur navires commerciaux

Ce type d’attaque dans le golfe de Guinée est fréquent, même si elles ont jusqu'ici eu lieu plus au sud, au large du Nigeria ou du Cameroun. Il y a à peine dix jours, le 16 juillet denier, c’était au tour d’un pétrolier grec l’Aegean-Star d’être victime d’un abordage, justement au large du Nigeria. Le bateau et ses vingt membres d’équipage ont été pris en otage avant d’être libérés deux jours plus tard.
 
Réagissant à ces attaques répétées, l’Italie avait d’ailleurs décidé le 13 juillet d’autoriser désormais la présence à bord de ses bateaux commerciaux d’hommes armés, des militaires ou des gardes de sécurité, lorsque ceux-ci naviguent dans des eaux internationales à risque. On ne sait pas toutefois si le Rbd-Anema-e-Core disposait d’une telle protection lors de son attaque, ce week-end.
 
Les bateaux italiens ont été particulièrement visés ces derniers mois. Ainsi, un cargo et ses 21 membres d’équipage ont été victimes de pirates au large d’Oman cette fois, le 21 avril, alors qu’en février, un pétrolier était à son tour attaqué. A ce jour, les deux bâtiments sont toujours entre les mains de leurs assaillants près de la côte au nord de Mogadiscio, en Somalie. A cette occasion, le syndicat des armateurs italiens avait demandé, en février, de pouvoir embarquer des hommes armés à bord des navires.

Les attaques se multiplient
 
Le golfe de Guinée. Latifa Mouaoued/RFI
De même que les côtes de l’Afrique de l’Est et de l’Asie du Sud-Est, le golfe de Guinée est un secteur de navigation à haut risque de piraterie. En une décennie, la zone a été le théâtre du plus grand nombre d’actes de ce type avec le détroit de Malacca et le large de la Somalie. Sur les 406 attaques répertoriées en 2009 dans le monde, 104 ont eu lieu dans le golfe de Guinée. Et, relèvent les spécialistes, ces actes de criminalité maritime avec violences sont en forte augmentation ces dernières semaines au large de Cotonou, avec un risque de développement à la « somalienne ».
 
Le Bureau international maritime s'inquiète lui aussi de la recrudescence des attaques dans le golfe de Guinée, au large du Nigeria : douze lui ont été rapportées depuis janvier 2011 dans la région et une dizaine de plus auraient été étouffées par les armateurs. Partout, on constate la professionnalisation des attaquants qui réalisent des attaques de plus en plus audacieuses. Face à cet état de fait et malgré des opérations conjointes de surveillance maritime régionale, la faiblesse des marines nationales des pays de cette région ne parvient pas à opposer une force de dissuasion convaincante.  Des contacts sont cependant en cours avec l'Union européenne qui envisagerait d'accompagner les pays de la région pour une meilleure sécurisation de leur espace maritime.  

Depuis 24 heures, nous n'avons plus de contact avec le bateau
Maxime Ahoyo Commandant des forces navales du Bénin 10/10/2013 - par Boniface Vignon écouter

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