Burundi : journalistes et avocats continuent d’être dans le collimateur du pouvoir

Le pouvoir burundais fait face à de nombreuses difficultés : réticences croissantes des bailleurs de fonds, violences en hausse et dissensions internes. Mais le pouvoir semble tenir pour responsable d'une grande partie de ses malheurs les médias privés et l’Ordre des avocats.

Avec notre correspondant à Bujumbura

Les faits sont parlants. Rien que jeudi 28 juillet, quatre journalistes dont les rédacteurs en chef des deux principales radios privées du Burundi, la RPA et Isanganiro, ont été convoqués par la justice. Bob Rugurika, de la RPA, en est lui déjà à sa troisième convocation en moins de deux semaines. Autre cible dans le viseur du pouvoir : les avocats.

Jeudi, Maître François Nyamoya, également porte-parole d’un parti d’opposition, a rejoint en prison deux de ses confrères, dont le bâtonnier de l’ordre des avocats. Plutôt surprenant, il est accusé de subornation de témoin pour des faits qui remontent à 2003.

Journalistes et avocats Burundais se sentent donc pris dans un étau et ils démontrent aujourd’hui ce qu’ils qualifient de harcèlement. Mais à chaque fois, ils se heurtent à un pouvoir qui joue les étonnés en expliquant qu’il n’a rien à voir avec un processus initié par une justice indépendante, ce qui ne réussit à convaincre personne.

En réalité, selon plusieurs observateurs, le pouvoir burundais en veut énormément à une société civile et à des médias accusés de ternir l’image du Burundi, en dénonçant à longueur de journées les différents cas de corruption et de violation des droits de l’homme qu’on observe dans ce pays.