Le Fonds mondial de lutte contre le sida reprend son activité en Mauritanie

Trente ans après sa découverte, le virus du sida contamine 7 000 personnes chaque jour dans le monde.
© REUTERS/Antony Njuguna

En Mauritanie, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme va, à nouveau, financer la lutte contre le sida. L'annonce a été faite hier par les instances nationales de lutte contre le VIH. En septembre 2009, le Fonds avait suspendu sa subvention de 11 millions d’euros sur 5 ans à la lutte contre le sida en Mauritanie, après la découverte d’un important détournement de fonds.

Il aura fallu près de deux ans à la Mauritanie pour convaincre le Fonds mondial de lever la suspension de sa subvention à la lutte contre le sida. En 2009, un détournement massif est mis à jour. Sur les 11 millions d'euros d'aide allouées pour cinq ans, l'équivalent de 1,6 million d'euros a été détourné. A cela s'ajoutent plus de deux autres millions dépensés sans les justificatifs nécessaires.

Le Fonds mondial suspend immédiatement sa subvention, et soumet son retour à plusieurs conditions : le remboursement de la somme détournée, le lancement de poursuite judiciaires contre les auteurs présumés, la présentation de justificatifs pour les deux millions de dépenses douteuses ainsi que la refonte et le renforcement des capacités du CCM, le comité chargé de superviser les programmes subventionnés.

La maladie semble avoir gagné du terrain

Rapidement, l'argent détourné est restitué, plusieurs personnes dont le directeur du comité national de lutte contre le sida sont arrêtées. En 2010, la direction des instances nationales est renouvelée. Au comité de supervisions des programmes, des élections sont organisées. Au SENLS, l'organe chargé de la gestion des fonds, le Dr Ba est nommé avec un objectif : obtenir la levée de la suspension. Mais, faute de justificatifs, les deux millions d'euros doivent être remboursés. C'est à ce moment là qu'un protocole est mis en place et c'est finalement le paiement de deux des trois tranches en juin dernier qui a convaincu le fond mondial de relancer les subventions.

Durant ces deux années, un financement minimal avait permis de continuer le traitement des malades déjà suivis. Mais pas de poursuivre le dépistage, la prévention ou l'accompagnement des malades. Même si le taux de prévalence national reste bas, à moins de 1%, le docteur Ba indique que la maladie semble avoir gagné du terrain chez les populations à risque.

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