Le gouvernement somalien tend la main aux shebabs qui se démobilisent


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Le gouvernement somalien a offert l'amnistie aux shebabs qui déposeront les armes. Une offre qui fait suite au retrait tactique opéré ce week-end par la majorité des combattants radicaux. Des petits groupes de combattants islamistes se trouvent toujours dans la capitale et dans la matinée de ce 9 août 2011, des tirs d'armes automatiques étaient toujours entendus dans certains quartiers. Reste à savoir si cette offre d'amnistie a des chances d'aboutir.

L'offre du gouvernement de transition s'adresse aux combattants shebabs restés dans la capitale Mogadiscio. Car si les islamistes ont en grande partie quitté la ville, ils ont laissé derrière eux des commandos qui, depuis, harcèlent les troupes gouvernementales et la force africaine de paix. Pour le gouvernement, une reddition de ces combattants permettrait de prendre le contrôle total de la ville et de préparer l'avenir. Le gouvernement sait pertinemment que les shebabs, qui n'ont pas été vaincus militairement, ont toujours les moyens de revenir.

Certains responsables politiques anticipent d'ailleurs une reprise des offensives dès la fin du ramadan et dès que la situation humanitaire sera moins critique. Car les miliciens shebabs sont en quelque sorte partis pour se refaire une santé. La situation humanitaire et la crise économique qui en découle ont tari une bonne partie de leurs sources de revenus. Et la mousson réduit le trafic dans le port de Kismaio dont ils tirent une part substantielle de leurs ressources.

Les shebabs sont affaiblis mais la guerre n'est pas terminée

Par ailleurs, les shebabs sont minés par des querelles internes entre les ultras, venus de l'extérieur, et la branche somalienne. Des querelles qui menacent l'unité du mouvement. Un retrait tactique qui ne présage en rien de l'attitude à venir du mouvement. Les shebabs sont affaiblis, mais rien ne dit pour autant qu'ils sont prêts à s'agenouiller devant leur ennemi juré, le président Cheikh Sharif Cheikh Akhmed.

A Mogadiscio peu nombreux sont ceux qui osent croire que les shebabs ont définitivement déserté la capitale. Et pour ceux qui le pensent, la présence de quelques commandos qui harcèlent les forces gouvernementales, est là pour rappeler à tous que la guerre n'est pas terminée dans la capitale dévastée. Un député issu de la société civile estime que le gouvernement doit se préparer pour les prochaines batailles.

La situation actuelle crée une opportunité

Sur le plan politique, il faudrait que le président Sharif Akhmed tente de se rapprocher de l'aile dite «locale» des shebabs, emmenée par Abu Mansour. Elle aurait déjà montré une volonté de dialogue, contrairement à l'aile étrangère composée de jihadistes radicaux. Les divisions entre les deux ailes sont d'ailleurs en partie à l'origine du retrait des shebabs de la capitale.

Par ailleurs, la situation actuelle crée une opportunité. En effet les shebabs ont d'énormes difficultés financières, à la fois en raison de la famine et de la crise qui sévit dans le sud, mais aussi parce que la milice ne contrôle plus comme autrefois les réseaux commerciaux de Mogadiscio. Dans le sud, les taxes ne rentrent plus et le port de Kismayo, source de recettes importante, tourne au ralenti.