L'Egypte, six mois après la chute de Moubarak

Des soldats de l'armée évacuent les derniers manifestans sur la place Tahrir ce lundi 1er août.
© REUTERS/Asmaa Waguih

Six mois après le départ de Hosni Moubarak, de nombreux Egyptiens sont encore inquiets de l’avenir de leur pays. Et ce même si un procès historique de leur ex-dictateur s’est ouvert la semaine dernière et que doit débuter ce dimanche 14 août 2011 celui pour meurtres de l'ancien ministre de l'Intérieur, Habib el-Adly, et de six anciens responsables de ses services. Notre envoyée spéciale est allée à la rencontre de quelques uns des jeunes révolutionnaires de la place Tahrir pour faire le bilan des mois passés.  

Avec notre envoyée spéciale au Caire, Léa-Lisa Westehoff

Autour de la table d’un café du centre-ville, la discussion est vive. La veille, Mina 24 ans, est allé manifester une nouvelle fois place Tahrir. Ce n'est pas le cas de Mohamed, 23 ans. Mais il y a une chose sur laquelle les deux hommes sont d’accord : six mois après le départ du président Hosni Moubarak, les choses ne vont pas mieux.

Mohamed, activiste depuis 2008, déclare : « J’ai l’impression qu’on est revenu en arrière à avant la révolution. Je ne vois pas les changements qu’on espérait. Les manifestations sont systématiquement réprimées, et il n’y a pas de vrai liberté d’expression ».

Mohamed cite en vrac les procès de manifestants devant des tribunaux militaire, ou encore le muselage de la presse. « Par exemple, dit-il, l’opposante et candidate présidentielle Busseïna Kamel n’a pas le droit de parler à la télévision car elle critique le Conseil suprême des forces armées. Il y a beaucoup de jeunes activistes aussi qui sont des symboles pour nous et qu’on ne voit pas citer dans la presse »

En face, Mina jeune ingénieur renchérit. Leurs demandes n’ont pas été entendues :

« Le premier jour de la révolution on a scandé : du pain, de la liberté et de la justice sociale. Rien n’a changé. On a toujours des policiers qui gagnent 20 euros par mois tandis que d’autres gagnent des millions. Nous devons redistribuer les richesses c’est ça qui va enfin faire la différence. Et les Egyptiens aimeront la révolution ».

En attendant, à quelques mètres de là sur la place Tahrir, ce sont des dizaines de policiers anti-émeute qui occupent la place désormais mythique. Inaccessible aux manifestants.

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