Nouvel ajournement du procès de l'ex-ministre égyptien de l'Intérieur

Tribunal de l'Académie de police, Le Caire, le 3 août 2011. L'ex-ministre de l'Intérieur, Habib el-Adli, (premier plan), échange une poignée de mains avec des officiers.
© © Reuters

Le procès de l’ex-ministre égyptien de l’Intérieur de Hosni Moubarak a été une nouvelle fois ajourné ce dimanche 14 août 2011. Habib el-Adli et six de ses anciens collaborateurs sont accusés d’avoir ordonné de tirer sur les manifestants lors des évènements de janvier et février dernier.

Avec notre envoyé spéciale au Caire

Le procès de l’ex-ministre de l’Intérieur égyptien a été ajourné au 5 septembre. Au cours de cette matinée d'audience, on n’a pas abordé le fond mais l’heure a été plutôt au désaccord et au chahut dans le tribunal. Les 30 avocats, qui défendent les victimes, ont pris la parole à plusieurs reprises, voire tous en même temps. Ils se sont plaints d’avoir difficilement accès au tribunal et surtout de ne pas avoir eu assez de temps pour consulter les pièces à conviction.

Chaque partie avait six jours pour visionner les vidéos tournées lors des évènements et consulter les armes, versées comme pièces à conviction dans ce procès. Les avocats de la partie civile ont affirmé n’y avoir eu accès qu’hier samedi.

Les avocats ont demandé à nouveau à ce que les deux procès, celui de Hosni Moubarak et de Habib el-Adli, soient fusionnés. Ils craignent que si les deux dossiers sont abordés séparément, l’un serve à disculper l’autre. Le procès de Hosni Moubarak reprend demain, lundi.

L’ambiance de l'audience de ce 14 août était clairement revancharde : à chaque fois que le visage de Habib el-Adli apparaissait sur  l’écran géant qui a été dressé à l’extérieur du tribunal, le public poussait de hauts cris. Un jeune menuisier disait que pour lui et tous les Egyptiens, l’ex-ministre de l’Intérieur est le vrai responsable des morts pendant les manifestations. Et en quatorze ans au pouvoir, il est devenu l’incarnation de la répression policière et de la torture.

La quarantaine de personnes, qui étaient venues suivre l’audience à l’extérieur, ont réclamé que l'ex-ministre soit condamné à mort et pendu. Trois grands portraits de jeunes tués dans les manifestations du mois de janvier avaient également été accrochés tant bien que mal, avec de grosses pierres, sous l’écran géant. Les personnes présentes ont hué l'annonce de l'ajournement de l’audience. Elles vont devoir attendre avant d’en savoir plus sur la suite de ce procès.

Le procès de l'ex-ministre de l'Intérieur pour sa responsabilité dans les morts des manifestations du début de l'année s'était ouvert une première fois le 25 juillet 2011, pour être aussitôt reporté au 3 août. Cette deuxième audience avait conduit dès le lendemain au report du procès à la date de ce 14 août.

Par ailleurs, Habib el-Adli a déjà été condamné à 12 ans de prison pour malversations financières le 5 mai dernier. Avec ce second procès, il risque la peine de mort.

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