Des mercenaires tchadiens en partance pour la Libye arrêtés au Tchad


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Huit personnes ont été arrêtées par les autorités tchadiennes dans le cadre d'une enquête sur une filière de recrutement de mercenaires. Elles s'apprêtaient à se rendre en Libye pour combattre aux côtés des forces fidèles à Mouammar Kadhafi. Depuis le début du conflit, Ndjamena dément toute participation de mercenaires ou de soldats tchadiens aux combats en Libye.

Les sept mercenaires et leur recruteur ont été arrêtés à Massakory, une localité située au nord-ouest de la capitale Ndjamena. Ils s’apprêtaient à partir en Libye, via le Niger, quand ils ont été interceptés par les forces de sécurité.

Le procureur de la République du tribunal de Ndjamena, a précisé les conditions de leur recrutement : « une hypothétique promesse de 4 millions de F Cfa [6 100 euros] payés à chacun une fois la frontière libyenne franchie ».

Les huit personnes interpellées seront présentées à un juge pour répondre de leurs actes.

Depuis le début de la crise libyenne, le CNT (Conseil national de transition), opposé au régime de Khadafi, a régulièrement accusé le Tchad de soutenir le guide libyen notamment en lui envoyant des renforts. Ce que Ndjamena a toujours démenti.

Le Tchad, qui s’aligne sur la position de l’Union africaine, a appelé la communauté internationale à admettre que la situation en Libye est dans une impasse et que seule une solution politique permettra d'en sortir.

Les mercenaires africains en Libye

En mars 2011, l'organisation Human Rights Watch mène une enquête en Libye où les insurgés de Benghazi affirment détenir 157 mercenaires d'origine africaine. Peter Bouckaert qui les a rencontrés dans leurs geôles, indiquera par la suite que les prisonniers en question sont des Libyens du sud, d'ascendance africaine.

Il est notoire que le colonel Kadhafi, qui entretient des liens privilégiés,  avec les pays africains, notamment avec ses voisins, a inclus dans ses « liens privilégiés », le financement et l'entraînement de troupes régulières ou non. L'armée libyenne possède en son sein, des unités spéciales composées de Maliens, Tchadiens, Nigériens qui bénéficient de la nationalité libyenne. Ce qui, dans les circonstances actuelles, rend encore plus difficile la distinction entre mercenaires et troupes régulières.

La semaine passée, un ancien colonel de l'armée libyenne qui s'est rendu aux insurgés il y a deux mois, indiquait que « les soldats loyalistes libyens commençaient à se bagarrer avec les mercenaires ». Ces derniers tuant « tous ceux qui seraient tentés de déserter ».

Plusieurs meurtres d'immigrés d'origine africaine, commis dans les zones de la rébellion libyenne, ont été pointés du doigt par les organisations de défense des droits de l'homme. 

 

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