Cinq pays d'Afrique australe lancent la plus grande zone protégée du monde

Les chutes Victoria, patrimoine mondial de l'Unesco, situées sur le fleuve Zambèze, qui constitue à cet endroit la frontière entre la Zambie et le Zimbabwe.
© RFI / Cyril Bensimon

Un traité de création d’une vaste zone protégée dans les bassins du Zambèze et de l’Okavango, en Afrique australe, a été signé ce jeudi 18 août 2011 à Luanda, la capitale angolaise. L’objectif étant de créer la plus grande zone touristique protégée du monde.

L'Angola, le Botswana, la Namibie, la Zambie et le Zimbabwe ont donc signé ce jeudi 18 août 2011 un traité créant une immense zone protégée commune destinée à devenir le paradis de l’écotourisme. D'une superficie de 278 000 kilomètres carrés, elle représente selon eux « la plus grande zone protégée à vocation touristique du monde ». Ce traité a été signé en marge d'un sommet de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), à Luanda.

Cette étendue éco-touristique doit permettre de relier entre eux quatorze parcs nationaux et réserves naturelles et notamment les chutes Victoria, parmi les plus spectaculaires du monde, et le delta de l'Okavango, un des plus grands du monde après celui du Niger. Ces zones accueillent déjà des milliers de touristes qui viennent faire des safaris tous les ans.

Une région riche en espèces rares et menacées

Le projet est très ambitieux. Il vise la conservation de la biodiversité, le
développement durable des communautés locales, l'essor de l'écotourisme et le
partage des ressources de la région. Ce vaste espace est particulièrement riche en espèces rares, notamment des guépards, des lycaons, des rhinocéros et des antilopes des sables. Et quelque 250 000 éléphants y vivent.

L’exemple de l’antilope noire géante, une espèce menacée

La ministre angolaise de l'Environnement, Maria de Fátima Jardim, a alerté mardi dernier la population de la province de Malanje, au nord du pays, et spécialement les autorités traditionnelles, pour renforcer la vigilance autour des antilopes noires géantes. En effet, cet animal, qui représente l’emblème national angolais, est menacé d'extinction par les braconneurs.

 « Nous tous, partenaires et société civile, allons oeuvrer pour que  notre « Palanca Negra Gigante », un emblème rare, soit toujours protégée et se multiplie de façon satisfaisante dans son habitat naturel », a garanti Fátima Jardim. La ministre angolaise de l’Environnement a ensuite précisé que tout sera fait afin que cette espèce se reproduise et atteigne des chiffres satisfaisants.

Maria de Fátima Jardim a rappelé l’importance de l'éducation environnementale auprès des communautés, afin qu'elles  sachent combien il est nécessaire de préserver la faune et la flore angolaises.

La question des mines et explosifs disséminés


AngolaPress, rapporte que lors d’une réunion des cinq pays engagés dans le projet d’écotourisme régional Okavango-Zambeze début juin, Eusébio de Brito Teixeira, gouverneur de Kuando Kubango, une province du sud de l’Angola, a abordé la question de la dissémination de mines et autres engins explosifs dans tout le pays. Selon lui, on retrouve encore aujourd’hui des traces mortelles de la guerre qui a ravagé le pays pendant près de 30 ans. Il ajoute que la province de Kuando Kubango est l'une les plus minées mais que le gouvernement déploie des efforts pour le désamorçage des mines et engins explosifs qui existent dans la région.

Il est encore possible d’agir… En Afrique du Sud, par exemple, une réglementation plus sévère a permis il y a quelques années de sauver de l’extinction le Rhinocéros blanc.

Sébastien Moncorps, directeur de la branche française de l’UICN et Christophe Aubel, directeur de la ligue ROC
06-11-2009 - Par Charlotte Alix

Il ne reste plus que 25.000 rhinocéros dans le monde dont trois espèces en Asie et deux en Afrique de l'Est et australe, selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Quatre d'entre elles sont aujourd'hui menacées d'extinction, précise la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).

Sur le continent noir, ces grands mammifères ont été décimés par la chasse au XIXe et XXe siècle. Toutefois, grâce à la création de parcs nationaux et à la lutte contre le braconnage, la population de rhinocéros blancs atteint aujourd'hui 17.500 et celle des rhinos noirs 4.200, précise l'UICN.

Les archives RFI :

Rapport accablant de l'ONU pour l'industrie pétrolière en pays Ogoni
Les chutes Victoria alimentent la rivalité entre la Zambie et le Zimbabwe
Les conservancies en Namibie ou l’autogestion réussie de l’environnement
Recrudescence du braconnage des rhinocéros blancs et noirs

 

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.