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Libye

La CPI souhaiterait juger Seif al-Islam, le fils de Kadhafi

Seïf Al-Islam, le fils du numéro un libyen Mouammar Kadhafi, lors de son allocution télévisée, le 20 février 2011.
© AFP PHOTO/LIBYAN TV

Seif al-Islam, le fils de Mouammar Kadhafi, fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité.  La rebellion avait annoncé son arrestation. Mais il se trouvait dans la nuit du 22 au 23 août à Tripoli, où des journalistes, dont un de l'AFP, l'ont rencontré dans le complexe résidentiel du dirigeant libyen. CPI avait émis le 27 juin des mandats d'arrêt contre Mouammar Kadhafi, son fils Seif Al-Islam, 39 ans, et son beau-frère et «bras droit», le chef des services du renseignement libyens, Abdallah Al-Senoussi, 62 ans. Les trois hommes sont soupçonnés de crimes contre l'humanité commis en Libye depuis le 15 février, date à laquelle avait éclaté la rébellion qui s'était ensuite transformée en conflit armé. 

Seif al-Islam est accusé par la CPI d’avoir joué un « rôle clé dans la mise en œuvre d’un plan » conçu par son père visant à « réprimer par tous les moyens » le soulèvement populaire de février, « dont l’utilisation de violence extrême et meurtrière ». Il aurait notamment organisé le recrutement de mercenaires. Quelques heures après leur entrée dans la capitale les insurgés ont annoncé la capture de Seif al-Islam. Cette annonce a été  confirmée par le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo.

La Cour souhaiterait qu’il soit jugé à la Haye. Mais pour l’instant, les déclarations divergent quant à son éventuel transfert. Interrogé par RFI, Fadi el Abdallah, porte-parole de la CPI, affirme que des discussions ont commencé et que le CNT devra se prononcer sur le processus à suivre concernant le jugement de Seif al-Islam.

Est-ce qu’ils ont l’intention de coopérer avec la Cour pour la remise du suspect ou bien est-ce qu’ils préfèrent faire des procès au niveau national ?

Fadi el Abdallah, porte parole de la CPI
22-08-2011

La CPI avait émis, le 27 juin 2011, des mandats d’arrêt contre Mouammar Kadhafi, son fils Seif al-Islam et son beau-frère et « bras droit », le chef des services du renseignement libyen, Abdallah al-Senoussi.

Seif al-Islam, celui que l’Occident qualifiait de réformiste

Seif al-Islam, 39 ans, est le fils aîné de la seconde épouse du colonel Mouammar Kadhafi et le deuxième de ses huit enfants. Au cours des dernières années, il a joué un rôle d’émissaire et de porte-parole du régime. Il a régulièrement été présenté comme le futur successeur de son père.

Il a plusieurs fois représenté son père et la Libye dans de nombreuses négociations sensibles, notamment dans les accords de règlement des attentats de Lockerbie, en 1988 et du DC-10 de la compagnie française d’UTA, en 1989. Il est aussi apparu en première ligne dans l’affaire des infirmières bulgares, jugées coupables d'avoir transmis le virus du sida à des enfants libyens et condamnées à mort. Médiations, négociations et indemnisations qui ont conduit à la libéartion des infirmières incriminées en 2007 ont aussi porté sa marque.

Le « Glaive de l’Islam » - son nom en arabe – a obtenu un diplôme d’ingénieur architecte à l’université de Tripoli. Dès lors, son père le charge de concevoir un grand complexe immobilier avec hôtels, mosquées et logements.

Cinq ans plus tard, l’homme aux allures de playboy est parti étudier la gestion en Autriche où il s’est lié d’amitié avec Jörg Haider, le chef de la droite populiste autrichienne. Ensuite, c’est à Londres qu’il a achevé sa carrière universitaire. D’après le quotidien Le Figaro, « ses meilleurs amis et partenaires d'affaires s'appelaient Nathaniel de Rothschild ou encore le prince Harry, petit-fils de la reine d'Angleterre. »

En 2007, il présente un projet de modernisation de son pays et bénéficie au passage d'une image de réformiste plutôt  appréciée par les occidentaux. Un an plus tard, il annonce son retrait de la vie politique, affirmant avoir mis le « train des réformes sur les rails ».

Néanmoins, c’est lui que le colonel Kadhafi a poussé à la télévision, le 20 février 2011, pour brandir la menace d'une « guerre civile » si le mouvement de contestation se poursuivait dans le pays. Depuis, il est devenu le porte-parole officieux du régime et considéré, par le procureur de la CPI, comme le « Premier ministre libyen de fait ».

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