La diplomatie française entend conserver la main sur le dossier libyen

Benghazi, 23 mars 2011. Marche des insurgés pour une intervention militaire de l'Otan en Libye.
© © AFP/Patrick Baz

Le président Nicolas Sarkozy devrait recevoir ce mercredi 24 août le président du Conseil national de transition libyen, Mahmoud Jibril, et envisage une visite éclair dans le pays d'ici quelques jours. Paris propose la mise en place d'un comité des amis de la Libye. Jeudi, le Groupe de contact de la communauté internationale devrait se réunir à Istanbul pour déterminer un plan d'action pour reconstruire la Libye. Par ces initiatives, la France montre qu'elle entend conserver la main sur le dossier libyen.

En février dernier, Nicolas Sarkozy avait été l'un des premiers chefs d'État à réclamer le départ du colonel Mouammar Kadhafi et en mars, il avait été l'un des premiers à reconnaître le Conseil national de transition des rebelles comme « seul représentant du peuple libyen ».

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Avec le Premier ministre britannique, David Cameron, Nicolas Sarkozy avait persuadé l'Otan et certains pays arabes de lancer une action contre le régime Kadhafi, idée à laquelle de nombreux pays comme l'Allemagne, les États-Unis et l'Italie étaient réticents, sinon opposés.

Paris veut continuer sur cette lancée, d'où les déclarations du ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé dès lundi matin, et encore lundi soir sur la chaîne de télévision privée TF1 : « Nous avons fourni avec nos amis britanniques, 80% des forces de l'Otan. Nous avons pris des risques, des risques calculés et c'était une cause juste : la libération d'un peuple et son aspiration à la démocratie (...) Il va falloir maintenant reconstruire la Libye, construire une Libye démocratique. C'est un pays riche, qui a un potentiel important, et il va falloir l'accompagner ».

C'est une vraie victoire de la liberté.

Renaud Muselier, vice-président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale
23-08-2011

Paris propose la mise en place d'un comité des amis de la Libye. Dès jeudi prochain, le Groupe de contact va se réunir pour déterminer un plan d'action pour la Libye. Et Alain Juppé  propose à toutes les instances potentiellement concernées de participer à cette réunion :  l'Union africaine, la Ligue arabe, l'ONU, l'Union européenne, les États-Unis.

Cette réunion du Groupe de contact sur la Libye sera coprésidée par le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique David Cameron.

La diplomatie française est très active avant cette réunion du Groupe de contact , le président Sarkozy devrait recevoir demain mercredi le chef du bureau exécutif du Conseil national de transition des rebelles, Mahmoud Jibril.

L'objet de cette réunion du Groupe de contact sera de mettre en place une feuille de route pour la Libye, en accord avec les représentants du CNT car il n'est pas question pour les participants d'être accusés d'ingérence dans le futur de la Libye.

Tout retour en arrière est impossible mais il reste la présence de mercenaires

colonel Roland Lavoie, porte-parole de l'Otan
23-08-2011

La réunion du Groupe de contact aura un triple objectif : rassembler la communauté internationale derrière les nouvelles autorités libyennes; favoriser la réconciliation nationale libyenne. Pour Paris et Londres, la transition en Libye devra intégrer les responsables de l'ancien régime qui n'ont pas de sang sur les mains; déterminer la nature de l'aide que la communauté internationale peut apporter à la Libye nouvelle.

L'aide sera politique mais aussi économique : il s'agit d'aider Tripoli à relancer très vite la production et l'exportation de pétrole. Une aide pas totalement désintéressée, car la France, comme d'autres grands pays, entend bien faire profiter son industrie pétrolière de la reconstruction économique en Libye.

Sur le terrain, les combats continuent. La situation a été l'occasion d'une mise au point après un entretien téléphonique lundi soir, entre Nicolas Sarkozy et David Cameron. Les deux hommes ont été très clairs : « Nous poursuivrons nos efforts en soutien aux autorités libyennes légitimes aussi longtemps que le colonel Kadhafi refusera de rendre les armes», indique le communiqué de la présidence française.

C'est un succès pour la France.

Michel Vauzelle, ancien ministre socialiste français
23-08-2011

Si le régime du colonel Kadhafi est moribond, la partie n'est pas encore gagnée totalement. Paris et Londres entendent maintenir la pression miliatire, aider la rebellion, jusqu'à la chute définitive du Guide libyen.

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