Le paysage audiovisuel s’ouvre en Mauritanie


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La Mauritanie a démarré la libéralisation de son espace audiovisuel en autorisant la création, avant la fin de l'année 2011, de cinq radios et cinq télévisions privées. Toutefois, l’autorisation concernant l’ouverture de radios et télévisions associatives est remise à plus tard.

Le ministre mauritanien de la Communication, Hamdy Ould Mahjoub, a remis, le mardi 23 août 2011, au président de la Haute autorité de Presse et d’Audiovisuel (HAPA) le cahier des charges en vue de la création de cinq radios et cinq télévisions privées dans le pays. Dans le même temps, les médias publics vont être transformés en société anonyme de service public. Il est également prévu de créer une société de télévision indépendante pour vendre ses services aussi bien aux médias publics que privés.

Pour le ministre mauritanien de la Communication, cette ouverture de l’audiovisuel mauritanien signifie la « fin du monopole d’Etat sur l’information », en vigueur depuis l’indépendance du pays, en 1960. Il s’agit, ajoute-t-il, « d’un saut qualitatif et d’un élément important pour l’évolution démocratique en Mauritanie ».

La loi portant sur la libéralisation de l’espace audiovisuel mauritanien a été adoptée, à une large majorité, le 2 juillet 2010, à l’assemblée nationale. Ce fut l’un des principaux engagements auprès de l’Union européenne, premier partenaire au développement du pays.

Ouverture prochaine aux médias associatifs

Interrogé par RFI, Hamdy Ould Mahjoub a précisé que la prochaine étape concernera l’ouverture de radios et télévisions associatives. Ce sera la Haute autorité de Presse et d’Audiovisuel –instance indépendante du gouvernement– qui lancera les appels d’offre, dépouillera les dossiers et donnera son avis. Le gouvernement signera alors la licence, seulement si l’avis est favorable. « Le gouvernement n’aura pas à intervenir dans les choix », précise-t-il.

Le ministre mauritanien de la Communication a mis également en avant la diversité linguistique du pays. Il précise, entre autres points du cahier des charges, l’obligation, pour ces radios et télévisions, de s’exprimer dans les quatre langues nationales.

C’est une évolution démocratique extrêmement importante pour notre pays.
Hamdy Ould Mahjoub, ministre mauritanien de la Communication.
10-10-2013 - Par Sarah Tisseyre

Cette première étape de la libéralisation de la presse est certes saluée, notamment, parmi les professionnels des médias mais on attend aussi de voir concrètement ce que tout cela va donner. Moussa Ould Hamed, patron du journal Biladi et fondateur d’un site internet, est sceptique.

J’ai surtout peur des restrictions éventuelles, surtout politiques, que peut contenir le cahier des charges.
Moussa Ould Hamed, patron du journal Biladi.
10-10-2013 - Par Sarah Tisseyre

Actuellement, la Mauritanie a deux chaînes publiques de télévision, dont une satellitaire, et deux petites télévisions privées autorisées à diffuser uniquement sur Internet. Le pays compte aussi deux radios publiques. Des radios privées diffusent sur Internet mais sans autorisation formelle.

Parmi les radios étrangères, Radio France Internationale réalise une très forte audience. Un sondage réalisé par TNS-Sofres, en décembre 2010, à Nouakchott, crédite RFI (en FM/OC) de 37% de taux d’écoute quotidienne. Ce résultat place RFI en deuxième position des radios les plus écoutées dans la capitale mauritanienne, après Radio Mauritanie (nationale) qui fait 42% d’écoute. Au niveau des radios internationales, RFI est leader devant ses principales challengers que sont BBC-Arabic (en FM/OC) à 5% d’audience et Al Jazeera (en FM) qui enregistre 9% de taux d’écoute quotidienne.

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