Acquis à Kadhafi, le Mali dans l'embarras sur le dossier libyen

Le leader libyen Mouammar Kadhafi et le président malien Amadou Toumani Toure, à Tripoli, le 24 novembre 2009.
© AFP / Mahmud Turkia

L’Union africaine doit se réunir aujourd’hui à Addis-Abeba pour évoquer la position africaine sur l’avenir de la Libye Alors que de nombreux pays africains reconnaissent le Conseil national de transition (CNT) libyen comme désormais le seul interlocuteur officiel de la Libye, le Mali, mais aussi la Mauritanie ou le Niger ont bien du mal à se prononcer clairement. Le gouvernement malien a publié un communiqué qui marque la gêne de Bamako.

Avec notre envoyée spéciale à Bamako, Christine Muratet

Dans le communiqué gouvernemental publié tard mercredi24 août, Bamako lance un appel pressant à l’arrêt des hostilités entre rebelles et loyalistes. Il invite à la mise en œuvre d’un processus de transition impliquant tous les Libyens. Aucune mention du Conseil national de transition (CNT).

Kadhafi le héros philanthrope

Ce message cache mal l’embarras des autorités maliennes à l’égard de ce grand voisin du Nord. Difficile de reconnaître le CNT qui a signé la chute de Mouammar Kadhafi. Le Guide libyen était le grand protecteur de l’Etat sahélien. Kadhafi a énormément investi au Mali. Il a financé de grands chantiers comme la cité administrative de Bamako, mais aussi des mosquées et madrassas.

C’est la Libye par exemple qui paye le salaire de cinq cents enseignants d’écoles coraniques, via le Secours islamique. En 2006, depuis Tombouctou, Kadhafi a appelé tous les musulmans à l’unité à l’occasion de la fête du Mouloud (fête qui marque la naissance du prophète).

Un dossier sensible pour Bamako

Notre dossier spécial

La Libye est aussi l’autre patrie des Touaregs. Difficile donc pour le président malien Amadou Toumani Touré de faire fi de ce contexte, y compris vis-à-vis de son opinion publique, très largement acquise au guide.

Le président malien ne sera pas à Addis-Abeba aujourd’hui pour le mini sommet des chefs d’Etat du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. Le Mali est pourtant médiateur dans ce dossier, un dossier très sensible pour le locataire de Koulouba, trop sensible peut-être.

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