Le CNT installe son gouvernement à Tripoli

Le président du Conseil national de transition, Moustapha Abdeljalil, lors d'une conférence de presse à Benghazi, le 30 juillet 2011.
© REUTERS/Esam Al-Fetori

Les rebelles libyens préparent déjà l'après-Kadhafi.Trois jours après la prise de la résidence présidentielle de Bab Al Azizia, ils annoncent le transfert de leur gouvernement de Benghazi à Tripoli, la capitale. Un symbole politique fort. Sur le terrain, les combats continuent. Sur le front Ouest, les rebelles espèrent libérer définitivement la ville de Zouara, et à l'Est, ils tentent toujours d'avancer vers la ville de Syrte. Kadhafi, lui, reste introuvable. Jeudi, les insurgés ont repoussé le front au sud de la résidence présidentielle de Bab Al Azizia. Derrière eux, de nombreux cadavres de loyalistes sur le bord de la route, qui selon eux, sont bien souvent des mercenaires.

 Avec notre correspondant à Tripoli

Notre dossier spécial

Dans le quartier d'Abou Salim, au sud de Tripoli, les rebelles ont poursuivi les derniers kadhafistes. Après les combats très violents au sol restent de nombreux cadavres parfois au milieu de la route.

« Ce sont des Africains. Des Tchadiens, des Maliens, des Ghanéens ». L'accusation revient souvent dans la bouche des insurgés. Certains brandissent même des passeports de jeunes Tchadiens nés en 1988, affirmant les avoir récupérés sur des loyalistes tués aux combats. « Cette carte d'identité appartient à un Tchadien. Regardez, on voit son nom et son âge ! Et voilà encore d'autres papiers tchadiens ! Ils sont payés par Kadhafi pour se battre ici. Pour tuer des Libyens ! » s'enflamme un insurgé.

Pourtant, au sol, les cadavres n'ont rien de subsaharien. Mais comme beaucoup de rebelles, Abdoul Azouz préfère croire que des Libyens n'ont pas pu soutenir Mouammar Kadhafi jusqu'au bout. « Oui, dit-il, parce que les Libyens n'aiment pas Kadhafi. Ils n'ont pas voulu se battre pour Kadhafi. Alors Kadhafi a dit, ok je vais aller chercher des gens ailleurs et c'est ce qu'il a fait ».

A Abou Salim au milieu des habitations, les combats ont été très violents. Mais le quartier n'est toujours pas pacifié. L'offensive contre les derniers fidèles du colonel Kadhafi doit se poursuivre aujourd'hui.

Dans le quartier d'Abou Slim

Avec notre envoyé spécial à Tripoli

Dans plusieurs quartiers de la capitale, l'atmosphère est moins crispée. Hier les kadhafistes ont été repoussés au sud de la forteresse kadhafiste de Bab Al Azizia. Une résidence désormais entièrement sous contrôle rebelle.

Des rebelles qui viennent y prendre la pose pour les journalistes au milieu de curieux venus visiter les tentes et les ancien appartements de l'ancien clan au pouvoir, désormais pillés et dévastés.

Militairement, le front s'est donc déplacé dans le quartier d'Abou Slim où les combats ont été très violents. Hier soir, une épaisses fumée s'échappaient encore de divers endroits du quartier en feu. Au sol des dizaines de cadavres de combattants pro-kadhafi jonchaient encore le sol. Pour autant Abou Slim n'est pas encore totalement sous contrôle.

Mais les insurgés ont déployé des moyens considérables dans la zone pour lancer une nouvelle offensive. Des insurgés galvanisés par une rumeur selon laquelle Kadhafi et certains de ses fils auraient trouvé refuge dans ce quartier.

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