Libye : l'Algérie ne reconnait toujours pas le CNT


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Depuis le début de la crise libyenne Alger a opté pour le silence radio et n'a pas reconnu le CNT. La précipitation des événements ces derniers jours n'a pas suscité plus de réactions de la part du président Abdelaziz Bouteflika. Comme si le pouvoir algérien craignait d'être à son tour touché.

La politique affichée d'Alger depuis le début des révolutions arabes, c'est la non-ingérence. Le pouvoir n'a donc pas condamné les exactions de Mouammar Kadhafi contre les manifestants qui se sont révoltés début février, et a même été accusé de complicité par ses détracteurs qui lui reproche d'avoir notamment livré des armes au Guide libyen.

La crainte inavouée des autorités algériennes, c'est d'être aussi touchées par la contestation, et de voir pénétrer sur leur territoire des armes issues des casernes qui ont été pillées ces derniers mois. Alger a d'ailleurs annoncé avoir renforcé la sécurité de ses frontières avec la Libye.

Autre souci pour le pouvoir algérien, la présence occidentale aux côtés des insurgés perçue comme une ingérence insupportable. « Imaginez si la Kabylie comme la Cyrénaïque était à son tour soutenue par des puissances étrangères ?», a récemment lancé sous forme de boutade un officiel.

La présence d'une aile islamiste au sein du Conseil de transition libyen joue aussi dit-on un effet repoussoir. Avant d'être reconnu, le CNT doit s'engager avec vigueur contre Al-Qaïda au Maghreb islamique, fait-on comprendre du côté du pouvoir.

L'Algérie n'a donc en résumé jamais manifesté de sympathie à l'égard des insurgés comme le souligne le quotidien El Watan, mais les faits sont là, elle n'a pas pu empêcher les rebelles de planter leur drapeau sur l'ambassade libyenne à Alger.