L’UA se réunit pour discuter de la reconnaissance du CNT

L'hémicycle où siègent les chefs d'Etat de l'Union africaine à Addis-Abeba (2009).
© (Photo : Reuters)

A Addis-Abeba, l'Union africaine (UA) réunit ce vendredi 26 août 2011 un Conseil de paix et de sécurité sur la Libye. L'enjeu de cette réunion devrait être la reconnaissance du Conseil national de transition (CNT), comme représentant légitime du peuple libyen. Cette décision représente un virage important pour l'organisation panafricaine. L'UA, historiquement proche de Kadhafi, n'a pas reconnu à ce jour le nouveau pouvoir du CNT.

Avec notre correspondante à Addis-Abeba,

Notre dossier spécial

La situation est délicate pour l'Union africaine. Durant tout le conflit libyen, l'organisation a prôné une issue politique négociée pour sortir de la crise. La feuille de route de l'Union africaine n'a jamais exigé proprement le départ de Mouammar Kadhafi et l'organisation n'a eu de cesse de demander la fin des bombardements de l'OTAN.

Il faut dire que l'Union africaine a toujours été proche du Guide de la révolution. Et pour cause, il en est l'un des pères fondateurs. D'autre part, l'Union dépend financièrement de la Libye. Cinq pays dont la Libye, financent à hauteur de 75% le budget de l'organisation panafricaine.

Cette nuit, le comité ad hoc sur la Libye s'est réuni pour préparer la session du Conseil de paix et de sécurité. En juin déjà, le président du comité et de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz, avait affirmé que le départ de Kadhafi était une « nécessité ».

Aujourd'hui plusieurs Etats membres de l'Union africaine ont reconnu le CNT, notamment le Burkina Faso, l'Ethiopie, le Nigeria, le Sénégal et le Tchad.

Le poids de la realpolitik

Il est possible que Kadhafi tombe d’un moment à l’autre, tout comme plusieurs semaines peuvent passer sans qu'on ne parvienne à l'arrêter. Mais une chose est certaine: Kadhafi, c’est terminé !

Qelle attitude donc pour l'Union africaine qui, dès le début de la crise, a élaboré une feuille de route favorisant transition et dialogue entre insurgés et pro-kadhafistes. Un plan d'ailleurs jamais appliqué car torpillé par les bombardements de l'OTAN.
Au sein du Conseil de paix et de sécurité, nul besoin de démontrer qu'il y a deux camps, les dirigeants favorables à cette feuille de route, avec à leur tête l'Afrique du Sud de Jacob Zuma,et ceux qui la combattent.

A la veille du sommet, l'Ethiopie qui abrite le siège de l'Union africaine a reconnu le Conseil national de transition et appelle l'institution panafricaine à faire de même.
Autre pays, le Burkina qui a été à l'époque le premier à briser l'embargo sur la Libye.
Après avoir longtemps cultivé l'attentisme, Blaise Compaoré a fini par tourner le dos à son ami d'hier en reconnaissant le CNT.

La realpolitik semble donc prévaloir, car après tout, les individus passent mais les Etats sont éternels. Ce choix, l'Union africaine sera contrainte de le faire. Mais pour faire bonne figure, elle devra s'impliquer dans la mise en oeuvre de sa feuille de route pour la période de transition.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.