Au Mali, plus de questions que de réponses dans l'enquête sur la mort d'Ibrahim Ag Bahanga


©

Selon une partie de l'entourage de Ibrahim Ag Bahanga, le plus radical des chefs rebelles touaregs du Mali, c'est dans un accident de la circulation qu'il a trouvé la mort vendredi 26 août 2011. Certains en doute.

Dans un premier temps, un proche du chef de guerre tué a parlé d’«accident». La même source, sans donner trop de détail, a parlé ensuite d’«accident de la circulation». En attendant d’avoir des preuves irréfutables de cet «accident», certains au Mali n’hésitent pas à mettre en doute cette thèse. Pour ceux qui le connaissent, Ibrahim Ag Bahanga était un as du volant.

Deux heures avant sa mort il a eu, selon nos informations, un entretien via téléphone satellitaire avec un de ses proches à Kidal, localité située au nord-est du Mali. A cet interlocuteur il n’a pas parlé d’un imminent projet de voyage mais plutôt, entre choses, du mois de ramadan qui tirait à sa fin. Ibrahim Ag Bahanga observait le jeûne.

A-t-il alors été victime d’un règlement de comptes entre bandes rivales ? On sait que le rebelle touareg avait la ferme intention de devenir le chef incontesté d’une partie du Sahara mais aussi que tous les groupes armés n’entendaient pas se placer sous son autorité. L'affaire a peut-être dégénéré.

Avec la mort de Ag Bahanga, une page se tourne mais il reste nombre de questions : que va devenir son arsenal de guerre, dont une partie vient de la Libye en crise, et éparpillé dans le Sahel ? Et que vont devenir sur le terrain ses derniers partisans ?