La Guinée reconnaît à son tour le CNT libyen

Les reconnaissances de la légitimité du CNT libyen se sont multipliées ces derniers jours sur le continent africain. Hier, dimanche 28 août 2011, la Guinée a rejoint les nations qui reconnaissent la branche politique de la rébellion libyenne comme un interlocuteur officiel. Mais cette reconnaissance ne fait pas l'unanimité dans la classe politique guinéenne.

Avec notre correspondant à Conakry

Après mûres réflexions et analyse de la situation qui prévaut sur le terrain, la Guinée a rejoint le cercle de plus en plus élargi des pays africains, et a reconnu le Conseil national de transition libyen. Comme le confirme le chef de la diplomatie guinéenne, Niankoi Lama : « Le gouvernement de la République de Guinée, profondément préoccupé par la grave situation en Libye, décide, à compter de ce jour 28 août 2011, de reconnaître le Conseil national de transition, CNT de Libye, comme seule autorité légitime, représentant du peuple frère libyen. »

Le guide Kadhafi déchu, la Libye à feu et à sang, des intellectuels et hommes politiques africains condamnent l’ingérence de l’Occident en terre africaine.

« Un constat affligeant...»

L’ancien Premier ministre guinéen Jean-Marie Doré accuse et dresse ici le constat de cette guerre fratricide : « C’est un constat affligeant, qui humilie toute l’Afrique. C’est que pour rester en fonction illégalement longtemps, certains chefs d’Etat se croient obligés de se mettre sous le parapluie de certaines grandes puissances... »

« Aujourd’hui, la plupart de chefs d’Etat qui gouvernement l’Afrique ont été fabriqués dans les officines en Europe. On les a aidés à devenir chefs d’Etat, pour faciliter l’exécution des ordres qui viennent du nord. Je félicite vraiment Jacob Zuma, dont la position a évité à l’Union africaine de descendre aux enfers. Parce que si l’Union africaine avait reconnu le CNT, ça aurait été un désastre moral et politique », a t-il conclu.