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Amadou Toumani Touré Libye Mali Mouammar Kadhafi

Aligné sur la position de l'UA, le Mali ne reconnaît toujours pas le CNT libyen

media

Une bonne dizaine d’Etats africains reconnaissent désormais le Conseil national de transition (CNT) comme seule autorité légitime du peuple libyen. Parmi eux, des voisins comme le Tchad et tout récemment le Niger. A Bamako, le drapeau de la rébellion flotte depuis quelques jours sur l’ambassade de Libye. Mais le Mali reste sur sa position et ne reconnaît toujours pas officiellement le CNT. Le Mali, reste toujours aligné sur la position de l’Union africaine au nom de la solidarité continentale.
 

Avec notre envoyée spéciale à Bamako

La question n’est pas de reconnaître ou pas le CNT, explique-t-on au palais de Koulouba, puisque le CNT a pris le pouvoir. L’important c’est de savoir ce que le Conseil national de transition peut proposer au peuple libyen comme alternance démocratique.

Le président Amadou Toumani Touré est avare de déclarations officielles sur la question, mais accepte avec bienveillance de laisser sortir des informations.

Les autorités maliennes l’avouent, cette crise libyenne les place dans un grand embarras.
Kadhafi a financé de nombreux projets et a distribué beaucoup d’argent qui va manquer. Plus de 40 000 Maliens vivaient et travaillaient en Libye. Leur retour au pays provoque une grave crise économique et sociale dans les familles, sans parler de ceux qui sont restés là-bas et qui sont aujourd’hui accusés à tort ou à raison de servir le régime sortant.

Mais le pouvoir malien ne veut pas endosser une image pro-Kadhafi : les Etats africains ont un rôle majeur à jouer dans cette crise, explique-t-on à la présidence. Ils sont les mieux placés pour négocier une transition pacifiée ; encore faudrait-il qu’on les écoute.

Selon le palais présidentiel, on ne peut accepter un seul vainqueur triomphant. Dans un Etat tribal, il faut laisser une place à tous si l’on veut éviter la guerre civile. Le CNT refusait de négocier tant que Kadhafi était au pouvoir. Kadhafi aujourd’hui est déchu. L’avenir de la Libye, c’est l’avenir de toute la sous-région et, à Bamako, les autorités redoutent un scénario à l’irakienne.

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