Nigeria : nouveaux affrontements violents entre musulmans et chrétiens


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Des heurts ont éclaté hier lundi 29 août 2011 entre musulmans et chrétiens à Jos, ville du centre du Nigeria régulièrement secouée par des violences ethniques et religieuses, faisant plusieurs victimes dont au moins trois morts. Des voitures et des commerces ont également été brûlés. Une zone de trouble de plus dans le pays où les enquêteurs nigérians, appuyés par des agents du FBI, tentaient hier de savoir si Boko Haram, la secte islamiste qui a revendiqué l'attentat sanglant contre le siège de l'ONU à Abuja était effectivement responsable de cette attaque. 

Avec notre correspondante à Lagos

Si le président Goodluck Jonathan a réussi à pacifier au moins temporairement la région pétrolifère du Delta du Niger, grâce au programme d’amnistie, tout porte à croire que la trêve de la violence au Nigeria n’aura été que de courte durée.

Le chef de l’Etat fait désormais face à un front nord de plus en plus explosif. A peine élu en avril dernier, Goodluck Jonathan avait déjà essuyé la révolte des partisans de son principal opposant du nord, Mohamadou Bouhari.

Depuis deux mois, ce sont des attaques attribuées à la secte islamiste Boko Haram qui se sont multipliées, principalement dans le nord-est du pays, jusqu’à cet attentat au siège des Nations unies à Abuja, la capitale fédérale.

Un président pressé d'agir

C’est la première fois que la communauté internationale a été visée sur le sol nigérian. La première fois aussi qu’un kamikaze est parvenu à se faire exploser. Une escalade de la violence qui relance la question de la sécurité, avec en filigrane, celle de la division nord-sud.

Dans les talk- show radio et sur internet, les Nigérians pressent le président d’agir, de prendre des mesures strictes, mais encore faut-il réussir à identifier l’ennemi. Diverses personnes se réclamant de Boko Haram ont revendiqué l’attentat-suicide de vendredi 26 août, mais les autorités restent vigilantes.

L’enquête se poursuit, en collaboration notamment avec des agents américains du FBI. Et selon la police, plusieurs pistes sont étudiées.