Pour nombre d'immigrés originaires du sud du Sahara, la Libye «c'est fini»


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Depuis la nuit des temps, une partie de la médina de Tripoli est un lieu de vie, de rencontre, de commerces, pour bon nombre de Maliens, de Nigériens ou d’Algériens venus tenter l’aventure en Libye. Depuis le début du conflit, une rumeur a changé la vision des Libyens sur ces hommes et ces femmes venus d'ailleurs. Le colonel Kadhafi aurait embauché des mercenaires subsahariens pour combattre les insurgés. Depuis les immigrés ont peur et se cachent.

La Libye, c'est fini

Pour Issaka le Tchadien, Madani l'Algérien épuisé par les charges qu'il a portées, Idrissa le Nigérien, «c'est fini la Libye», tous veulent partir.

Le témoignage de Mohamed
10-10-2013 - Par Guillaume Thibault

Pour Mohamed le Sénégalais aussi. Pour lui, la vie des Africains pendant les combats a été compliquée par le fait que des armes ont été largement distribuées, même à des «voleurs» et à des «délinquants». Il raconte la mort d'un des ses proches, un maçon sénégalais, tué par des Libyens. On disait qu'il travaillait pour Kadhafi mais c'était faux selon Mohamed.

L'OIM tire la sonnette d'alarme

La situation humanitaire est préoccupante à Tripoli et dans sa banlieue : manque de

nourriture, d'eau, accès au soins de santé limités... Elle est encore plus compliquée pour les populations fragilisées par le conflit comme les migrants africains qui se terrent chez eux de peur d'être pris pour des mercenaires.

Jean-Philippe Chauzy : «les migrants sont actuellement particulièrement vulnérables»
10-10-2013 - Par Boniface Vignon

L'Organisation internationale des migrations (OIM) a entamé des discussions avec les autorités de transition libyennes afin de permettre à ceux qui désirent être évacués de Tripoli de partir.

Selon Jean-Philippe Chauzy, porte-parole de l'OIM, on constate clairement une stigmatisation des migrants originaires d'Afrique subsaharienne. Or la plupart, employés dans le secteur informel de l'économie libyenne, n'ont rien à voir avec les combats.