Afrique du Sud : une réforme agraire problématique


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L’Afrique du Sud a remis en chantier la question ultra-sensible de la redistribution des terres dont la majorité noire a été dépossédée, il y a près de 100 ans. Le gouvernement a en effet présenté le 31 août une réforme dans ce sens. Depuis la fin de l'apartheid, la réforme agraire n'a jamais vraiment eu lieu. L'administration de Jacob Zuma promet depuis bientôt deux ans d'y remédier. La législation a été retardée à plusieurs reprises; mais cette fois, il s'agit d'accélérer le processus.

Dans son livre vert, le gouvernement propose de restreindre la propriété foncière privée et l'achat des terres par les étrangers. Il s'agit de privilégier la location des terrains. Autres possibilités : placer des pâtures communales sous l'autorité des chefs traditionnels, limiter la taille des exploitations qui ne sont pas sous le contrôle de l'Etat. Et à l'avenir, les propriétaires devront respecter plus d'obligations.

Les détails précis de la réforme agraire n'ont pas été donnés. Mais le ministre en charge a simplement assuré qu'il va s'inspirer de ce qui se fait partout ailleurs. Ce qui est sûr, c'est que l'objectif de redistribuer 30% des terres détenues par des Blancs d'ici 2014 ne sera pas atteint. L'Etat devrait débourser près de 4 milliards d'euros et n'a pas le budget nécessaire.

Dix-sept ans après la fin de l'apartheid, seuls 5% des terres sont passées aux mains des Noirs. Un échec cuisant, d'autant plus que très souvent les nouveaux propriétaires n'ont pas les moyens nécessaires pour maintenir leurs productions à flot.

Du côté de la minorité blanche, on prend acte. Cornelius Jansen Van Rensburg, le porte-parole d'Afriforum, l'association de défense des Afrikaaners. Il pointe les incohérences de ce projet.

Parmi les mesures les plus préoccupantes de ce projet, il y a la création d'une commission de gestion des terres qui pourra invalider les titres de propriété, et qui pourra aussi intervenir dans la gestion au quotidien des fermes.
Cornelius Jansen Van Rensburg
10-10-2013 - Par Thomas Biet