De l’université de Californie à l’armée rebelle libyenne : l’épopée d’un étudiant américain

La page consacrée à Chris Jeon sur Facebook rassemble plus de 400 fans
© Facebook

Chris Jeon, un étudiant américain de 21 ans, est parti fin août de sa Californie natale pour combattre au côté des rebelles libyens. L'étudiant en mathématiques à l'université de UCLA, décrit comme un amateur de sensations fortes par ses amis, fait depuis les gros titres de la presse américaine et a même sa fan page sur Facebook. Mais son épopée pourrait être de courte durée. Un producteur d'Al-Jazeera rapporte en effet que les rebelles l'ont déjà renvoyé chez lui.

Sur une photo publiée sur le National, un journal émirati anglophone, on le voit au milieu d’un groupe de rebelles libyens. Avec son maillot de basket, un keffieh comme couvre-chef et une balle montée en pendentif autour du cou, Chris Jeon – c’est son nom – détonne. Ses nouveaux camarades le regardent d’un air amusé. « C’était la fin des vacances d’été, donc je me suis dit que ce serait cool de rejoindre les rebelles », explique l’étudiant en mathématiques à l’université californienne de UCLA au journaliste du National.

Il raconte ensuite son incroyable road-trip depuis la Californie jusqu’à la ville libyenne d’An Nawfaliyah où il est arrivé cette semaine : l’aller simple pour Le Caire, le trajet en train jusqu’à Alexandrie, puis ceux en bus pour rejoindre Benghazi, et enfin le parcours de 400 kilomètres à travers le désert libyen. Mais lorsqu’un rebelle lui tend un fusil d’assaut AK-47, Chris Jeon paraît un peu perdu. « Comment on fait pour tirer ? », lui demande-t-il, avant d’essayer de faire comprendre avec forces gestes qu’il veut aller combattre à Syrte. « Je ne parle pas un mot d’arabe. C’est vraiment difficile de communiquer », confie-t-il au journaliste du National.

Célébrité médiatique

A défaut d’être un héros de la révolution, Chris Jeon est devenu une petite célébrité médiatique. Sur Facebook, il a désormais sa page, qui comptabilise un peu plus de 400 fans. Les commentaires élogieux y sont nombreux, célébrant son courage, présageant un film sur son histoire, le comparant même parfois à Ernest Hemingway. On peut y lire aussi quelques critiques. Wit, qui dit habiter un pays d’Asie du Sud-Est, écrit : « La guerre n’est pas un jeu. Jeon dit être allé en Libye pour observer la révolution. Sottises. Quand on observe un conflit, on reste neutre ». Ses détracteurs lui ont d’ailleurs également consacré une page, intitulée « Chris Jeon is a fool not a hero », littéralement : « Chris Jeon est un idiot, pas un héros ». Celle-ci a beaucoup moins de succès, avec seulement une dizaine d’abonnés.

Un de ses amis le décrit comme un chercheur de sensations fortes qui essaie de se tester. Un autre dit : « Je l’aime jusqu’à la mort mais il fait des tas de choses stupides ». Ses parents, eux, ne se sont pas encore exprimés. Chris Jeon ne tient d’ailleurs pas à ce qu’ils apprennent sa présence en Libye. « Ne leur dites surtout pas, réclame-t-il au journaliste venu l’interviewer. Ils ne savent pas que je suis ici ».

Les vacances guerrières de l’étudiant en mathématiques risquent cependant d’être écourtées. Sur son compte Twitter, Evan Hill, un producteur de la chaîne de télévision Al-Jazeera, rapporte : « Notre équipe dans l’est libyen a dit que les rebelles en ont marre de Chris Jeon et lui ont demandé de partir. On l’a vu pour la dernière fois dans un pick-up en direction de Benghazi ».

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