Côte d’Ivoire : la liste des membres de la Commission vérité et réconciliation est publiée

Le président de la Côte d'Ivoire Alassane Ouattara et l'ex-Premier ministre Charles Konan Banny (D), président de la Commission vérité et réconciliation, le 1er mai 2011.
© Reuters/Thierry Gouegnon

Le gouvernement ivoirien a publié, ce lundi 5 septembre 2011, la liste des membres de la Commission dialogue, vérité et réconciliation. Une Commission qui aura une lourde tâche et qui sera présidée par l'ancien Premier ministre Charles Konan Banny. Et parmi ses membres on retrouve le footballeur Didier Drogba pour représenter la diaspora.

Notre dossier spécial : les défis de Ouattara

Le président de la Commission avait déjà dévoilé le nom de Didier Drogba. La star ivoirienne du football est bien le onzième commissaire chargé de réconcilier ses concitoyens et de rassurer les nombreux Africains qui habitent en Côte d’Ivoire. Didier Drogba représentera les Ivoiriens de la diaspora.

Parmi les autres neuf commissaires, les noms des deux religieux déjà annoncés par la presse locale ont été confirmés : le chef du Conseil supérieur des imams (Cosim) Cheikh Boikary Fofana, comme deuxième vice-président de la Commission, Mgr Paul Siméon Ahouanan, archevêque de Bouaké, à la troisième vice-présidence et comme premier vice-président le roi des Nzima Kotoko, Sa Majesté Désiré Amon Tanoé.

D’autres commissaires représentent les cinq grandes régions de la Côte d’Ivoire. Il y a trois femmes : Odette Kouamé pour le centre du pays, Françoise Offoumou Kaudjis pour l’Est et Marie France Goffri pour le Sud. Le nord de la Côte d’Ivoire est représenté par Abdoulaye Koné, l’Ouest par Séry Bailly et enfin, les Africains qui résident en Côte d’Ivoire sont représentés par Djégué Kane Diallo.

Même si Charles Konan Banny a fait des tournées à travers la Côte d’Ivoire depuis sa nomination à la tête de cette instance il y a quatre mois, il manquait à cette Commission inspirée par celle de l’Afrique du Sud, une colonne vertébrale. La Commission est désormais au complet et va commencer à se faire connaître par les Ivoiriens.

 

Qu'attend-on de cette Commission ?

Voulue par le président Alassane Ouattara et inspirée du modèle sud-africain, la Commission dialogue, vérité et réconciliation a la lourde tâche de convaincre les Ivoiriens de vivre ensemble pacifiquement, après plus de dix ans de tensions politiques émaillées de violence.

En cinq mois, la seule crise postélectorale 2010-2011 a fait au moins 3 000 morts. L’un des défis de la Commission présidée par l’ancien Premier ministre, Charles Konan Banny, est de parvenir à dissiper l’idée que la réconciliation ne se fait pas sur le dos du camp de l’ex-président.

Laurent Gbagbo et certains de ses proches sont déjà inculpés pour crimes économiques ou pour atteinte à la sûreté de l’Etat. Ses partisans les moins radicaux demandent la libération de tous les ténors de l’ex-majorité présidentielle qui sont aujourd’hui derrière les barreaux, pour qu’ils participent au dialogue et à la réconciliation. Or la ligne du gouvernement Ouattara, c’est que la réconciliation n’exclut pas la traduction devant les tribunaux de ceux qui ont commis des forfaits.

Dès son installation officielle le 28 septembre prochain, la Commission risque de voir son travail pollué par le soupçon qui commence à s’installer, alimenté par des organisations de défense des droits de l’homme. Selon ces dernières, le pouvoir actuel veut instaurer une justice des vainqueurs.

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