Côte d'Ivoire : premier meeting public des partisans de l'ex-président Gbagbo

Des femmes montrent un tee-shirt imprimé du portrait de Laurent Gbagbo, lors de la première manifestation en faveur de l'ex-président ivoirien, à Abidjan, le 4 septembre 2011.
© Hervé Sevi / AFP

En Côte d'Ivoire, le premier meeting public des partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo s’est déroulé à Koumassi, un quartier populaire d'Abidjan le 4 septembre. Quelques centaines de militants du Front populaire ivoirien (FPI), le parti créé par Laurent Gbagbo se sont rassemblés dans le calme, « pour briser la peur », et demander la libération de leur leader, expliquent les instances dirigeantes du FPI.

Notre dossier spécial : les défis de Ouattara

Jules Yao Yao, député FPI (Front populaire ivoirien) de Koumassi, est l'initiateur de ce premier meeting public des partisans de Laurent Gbagbo, sous l'ère du président Alassane Ouattara. Drapé d'un pagne à l'effigie de l'ex-président Gbagbo, il explique à RFI les raisons et les enjeux de ce premier rassemblement des militants du FPI :

« Depuis la crise les militants du Front populaire ivoirien se sont terrés. Terrés, non pas par leur propre volonté mais par la peur. Figurez-vous, que tout simplement parce que quelqu’un a porté un tee-shirt avec l’effigie de Laurent Gbagbo, cela peut lui coûter la vie ».

« Et je pense qu’à travers ce meeting, précise Jules Yao Yao, nous devions briser cette peur en chacun de nous. Moi-même, j’ai donné l’exemple en m’habillant tout en FPI pour montrer qu’à compter de cette date, on peut s’habiller FPI et sortir. Et donc nous pensons que nous avançons. Ce premier meeting est une incitation à tous les militants de faire fonctionner normalement le parti. Et nous interpellons en même temps le pouvoir de faire en sorte que tous les prisonniers, en tête Laurent Gbagbo, soient relâchés ».

L'ancien président Gbagbo et plusieurs dizaines de personnalités de l'ancien régime sont inculpés et en détention préventive. Laurent Gbagbo a été arrêté par les forces pro-Ouattara, appuyées par la France et l'ONU, après quatre mois de crise, dont deux semaines de guerre, née de son refus de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010. La crise a fait au moins 3 000 morts.

Les FANCI, nom de la future armée de Côte d’Ivoire?

Après la nomination des différents hauts responsables de l’armée ivoirienne il y a quelques semaines, quel nom lui donner aujourd’hui pour rassembler ? Après une réflexion en ce sens par des hauts gradés, ces derniers sont tombés d’accord pour revenir à l’ancienne dénomination, les Fanci, Forces nationales de Côte d’Ivoire.

Il faut un nom qui rassemble, pour faire oublier les étiquettes rappelant les mois violents que vient de traverser le pays. FDS, Forces de défense et de sécurité, très marquées pro-Gbagbo, FRCI, Forces républicaines de Côte d’Ivoire, émanation des ex-Forces armées des Forces nouvelles, rejetées par les électeurs de la galaxie FPI.

Et puis, de l’avis même de certains soutiens du président Ouattara, le terme FRCI semble négatif dans l’opinion. Des ONG de défense des droits de l’homme accusent d’exactions ces forces qui ont chassé Laurent Gbagbo du pouvoir qu’il refusait de rendre.

Le ministre délégué à la Défense, lui, a une autre explication du rejet que suscitent aujourd’hui les FRCI. Selon Paul Koffi Koffi, des actes criminels sont commis sous le couvert de ces forces républicaines par des hommes qui portent des treillis ressemblant à ceux des FRCI.

Il faut donc un sigle consensuel pour qualifier la nouvelle armée ivoirienne. Le sigle Fanci, pour Forces armées nationales de côte d’Ivoire a été choisi par la majorité des hauts gradés. L’un des arguments en sa faveur est qu'il est le symbole de la Côte d’Ivoire indépendante. Ce qui permettrait aussi de fermer la parenthèse de près de dix ans de division de la grande muette.

Les propositions faites la semaine dernière par la cinquantaine d’officiers seront donc soumises au gouvernement dans les prochains jours. Et ce sera au Conseil des ministres de trancher.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.