Libye: Sarkozy et Cameron accueillis en héros; les forces du CNT sont à Syrte


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Les forces armées du Conseil national de transition (CNT) ont affirmé être entrées dans Syrte, l'un des derniers bastions des partisans de Mouammar Kadhafi. Près de 900 véhicules se seraient divisés en trois colonnes pour tenter de prendre la ville. Hier jeudi, lors d’une visite éclair à Tripoli puis à Benghazi, Nicolas Sarkozy et David Cameron, acclamés par une petite foule en liesse, ont notamment réaffirmé leur soutien dans la traque du colonel libyen.

Avec notre envoyée spéciale à Benghazi

Sarkozy pour nous c'est un héros, on ne l'aime pas beaucoup, on l'aime trop !
Dans les rues de Benghazi...
10-10-2013 - Par Charlotte Idrac

« Vive la Libye libre mais vive la Libye unie » : c’est le principal message qu’a voulu délivrer Nicolas Sarkozy à Tripoli puis à Benghazi, hier, jeudi 15 septembre.

La France, la Grande-Bretagne, l’Europe, seront aux côtés des nouvelles autorités pour construire l’avenir du pays, mais sans arrière-pensée économique. Le président français l’a fermement démenti, il n’y a pas d’accord avec le Conseil national de transition (CNT) pour un partage des richesses.

Jeunes de Benghazi, jeunes de Libye, jeunes Arabes, la France veut vous dire son amitié
Nicolas Sarkozy à Benghazi
10-10-2013 - Par Charlotte Idrac

L'avenir du pays reste lié aussi à celui de Mouammar Kadhafi qui court toujours, un « danger » pour le chef de l’Etat qui parle d’un « travail à terminer ». Quant aux proches de l’ancien dirigeant libyen réfugiés au Niger, Nicolas Sarkozy assure faire confiance aux autorités de Niamey pour respecter le droit international.

Au final, pas de grandes annonces lors de cette visite du président français et du Premier ministre britannique mais surtout des images. Celles des deux dirigeants devant le palais de justice, sur l’emblématique place de la Liberté de Benghazi, acclamés par une assemblée très enthousiaste mais moins nombreuse que prévue. Quelque 1 500 personnes étaient là, encadrées par des CRS, l’unité d’élite du Raid, et des agents du Groupe de sécurité de la présidence de la République. La cérémonie aura duré un quart d’heure.


La bataille de Syrte

Les forces armées du Conseil national de transition (CNT) à Misrata indiquent ce vendredi 16 septembre 2011 avoir essuyé de lourdes pertes dans la bataille pour le contrôle du bastion pro-Kadhafi de Syrte, avec au moins 11 morts et 34 blessés. Le CNT fait état, d'autre part, de la capture de 40 loyalistes partisans de Mouammar Kadhafi.

Selon le Conseil militaire de Misrata, ses combattants ont lancé l'assaut sur trois fronts hier jeudi contre la ville méditerranéenne de Syrte, un des derniers bastions du colonel Kadhafi, située à 360 kilomètres à l'est de Tripoli. « Nos révolutionnaires sont entrés à Syrte par trois axes principaux », affirme le Conseil militaire de Misrata.
 

Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix

Les photos de David Cameron et Nicolas Sarkozy bras dessus bras dessous avec les leaders du CNT au cours de leur visite triomphale dans une Libye pas encore tout à fait libre, ont beaucoup frappé les esprits. Et les journaux britanniques se font l’écho d’une certaine gêne ressentie ici.

Même le Times, prompt à applaudir la justesse d’approche du Premier ministre, se garde de tout triomphalisme et parle d’un message prudent délivré à Tripoli et Benghazi, loin de la rhétorique « Mission accomplie » du président George Bush en Irak après la chute de Saddam Hussein.

Les autres journaux prennent, eux, encore plus de distance : le Telegraph rappelle que le « job » est loin d’être fini, « on ne sait pas par exemple si le Conseil de transition sera suffisamment compétent pour diriger le pays ou si d’autres forces moins bien disposées à l’égard de l’Ouest ne vont pas émerger et prendre le pouvoir ».

Le journal The Guardian émet des réserves identiques : « la victoire entraîne des responsabilités », écrit son éditorialiste. Londres et Paris se sont engagés à rebâtir une Libye démocratique et de libre-échange, un processus qui pourrait s’avérer long et coûteux. Néanmoins, conclut avec ironie le journaliste, « l’espace d’une journée Dave et Sarko ont voulu voir la vie du bon côté et bien qu’ils n’en parlent pas, ils se réjouissent à la perspective de signer de jolis contrats pétroliers ».