Libye : les forces du CNT continuent leur avancée, l’Otan prolonge sa mission

Les forces du CNT affirment contrôler la ville de Sebha au sud de la Libye.
© REUTERS/Zohra Bensemra

En Libye, les forces du Conseil national de transition (CNT) s'emparent des dernières poches de résistance fidèles à Mouammar Kadhafi. Les villes de Waddan et Sebha, dans le désert libyen, sont désormais aux mains des ex-rebelles. Lourdes pertes en revanche dans l'offensive sur Syrte, qui résiste encore, tout comme Bani Walid, à 170 km au sud-est de Tripoli, la capitale. Et comme attendu, l'Otan a décidé de poursuivre sa mission sur place pendant encore trois mois. C'est la deuxième fois que l'Alliance atlantique prend une telle décision depuis le début de sa mission, le 31 mars dernier.

Avec notre correspondant à Tripoli, 

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Sur les trois principaux bastions kadhafistes, c'est le seul où les ex-rebelles avancent leurs positions. Le CNT assure même contrôler totalement la ville de Sebha dans l'extrême sud du pays. Des combats isolés s'y poursuivaient mais selon des sources indépendantes, les révolutionnaires sont bien maîtres du centre-ville et de l'aéroport.

Et un mois après la chute de Tripoli, les derniers portraits de Kadhafi peuvent désormais être retirés du bord des routes. Pour autant, les fidèles de l'ancien régime n'ont pas dit leur dernier mot. Leur contre-offensive de mercredi à l'arme lourde a fait des dizaines de morts à Houn, une localité tout juste reprise.

Mais les forces du CNT sont déterminées à reprendre cette oasis de Sebha aux portes du désert et de l'Afrique subsaharienne. D'abord, parce que c'est par ce berceau des Gaddafa, la tribu du colonel Kadhafi, que sont passés des dizaines de ses proches dont son fils Saadi pour fuir ver le Niger frontalier.

Mais aussi parce que le CNT espère que la chute de cette ancienne ville garnison affaiblira les deux autres qui repoussent toujours les assauts quotidiens des révolutionnaires : Bani Walid et Syrte, la ville natale de Mouammar Kadhafi.

Par ailleurs, le président sud-africain Jacob Zuma, dont le pays a reconnu le 20 septembre le CNT, appelle à un arrêt des bombardements de l'Otan en Libye. Il demande également aux nouvelles autorités libyennes qu'elles garantissent la protection des travailleurs migrants, en particulier les travailleurs issus de pays d’Afrique subsaharienne. 

2,5 millions d'Africains en Libye ont contribué ces dernières décennies au développement économique du pays, je tiens à le rappeler ici. Des mesures urgentes s’imposent pour mettre fin aux représailles, aux meurtres et aux arrestations arbitraires.

Jacob Zuma
22-09-2011

Les rebelles du Darfour qui avaient trouvé refuge en Libye, retournent au Soudan

Depuis la décomposition du régime de Mouammar Kadhafi, les rebelles darfouris du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), qui avaient trouvé refuge en Libye, ne se sentent plus en sécurité. Aussi ont-ils entrepris de rentrer au Soudan, comme ceux que l'armée soudanaise a surpris près de la frontière. « Il s'agissait d'un groupe du JEM, composé de deux bataillons. Au total, ils étaient environ 50. On leur a pris deux voitures, on leur a aussi pris beaucoup d'armes. Des petits calibres, mais aussi de gros calibres. Et puis on a tué l'un d'entre eux » a indiqué Sawarmi Khaled Saad, porte-parole du ministère de la Défense soudanais, interrogé par RFI.

Hormis un rebelle tué, les autres passagers du convoi ont tous réussi à prendre la fuite. Quant aux informations sur leur nombre et sur leur équipement, elles n'ont pas été confirmées par les rebelles.

La semaine dernière, déjà, le Mouvement pour la justice et l'égalité annonçait le retour de son chef, Khalil Ibrahim. Lui et ses hommes avaient été accueillis par Mouammar Kadhafi au printemps 2010, après un passage par le Tchad. Mais les dernières places fortes pro-Kadhafi en Libye sont en train de tomber, et les combattants du JEM, soupçonnés d'avoir défendu celui qui leur avait offert l'hospitalité, se dépêchent donc vite de rentrer mais pas les mains vides : à son retour, la semaine dernière, Khalil Ibrahim était escorté par une centaine de 4x4 lourdement armés.

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