Le mouvement étudiant repart de plus belle au Chili


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Quelque 150 000 personnes selon les organisateurs, 60 000 selon les autorités, ont défilé ce 22 septembre 2011 à Santiago, réclamant une réforme de l'éducation. La manifestation marque un regain du mouvement d'étudiants et des élèves du secondaire après quatre mois de mobilisation. Des heurts ont eu lieu en fin d'après-midi entre policiers et des groupes de jeunes.

Avec notre correspondante à Santiago-du-Chili, Claire Martin,

Au coeur de la manifestation
10-10-2013 - Par Claire Martin

Les analystes du gouvernement l'avaient enterré trop vite : le mouvement des étudiants et des élèves du secondaire n'est pas mort. Beaucoup de parents et de grands-parents, avec des enfants, se sont joints ce jeudi aux jeunes pour revendiquer en musique une éducation gratuite publique de qualité. Le Chili a le système éducatif le plus privatisé et parmi les plus chers du monde. « Nous luttons pour un rêve, mais pour un rêve qui n’est pas utopique, qui peut réellement se construire », s'enflamme un manifestant.

Après quatre mois de mobilisation, beaucoup d'étudiants et d'élèves du secondaire craignent de redoubler ou de perdre leur bourse. Giorgio Jackson, étudiant-ingénieur, président de la Fédération des étudiants de l'Université catholique du Chili (FEUC) : « Personne ne veut que les étudiants et les élèves redoublent leur année mais il faut que le gouvernement démontre explicitement qu’il veut changer les choses et qu’il crée le climat de confiance nécessaire pour aller dans ce sens ».

La manifestation s'est déroulée sans incident, mais en fin d'après-midi, des groupes de jeunes « encapuchados » (encagoulés) se sont détachés du cortège et ont affronté la police anti-émeutes au centre de Santiago-du-Chili. Une cinquantaine de personnes ont été arrêtées, selon la préfecture.

Au moment où on manifestait au Chili, le président Sebastian Piñera faisait son discours à New York devant l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies. Il a qualifié la cause des manifestants de « noble, grande et belle ». Jusqu'ici, il n'a pourtant pas pris en compte réellement les revendications des jeunes.

Le gouvernement n'a accepté qu'une partie des conditions posées par les étudiants, rejetant un réaménagement du calendrier qui aurait permis aux lycéens de ne pas perdre leur année scolaire. Depuis mai 2011, les étudiants et les élèves du secondaire chiliens réclament une refonte du système éducatif. Lors de la dernière journée de mobilisation, il y a une semaine, le mouvement avait paru s'essouffler.