Afrique du Sud: quatrième édition de la Joburg Art Fair


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La foire d’art contemporain de Johannesbourg (Joburg Art Fair), organisée du 23 au 25 septembre 2011, est devenue un lieu de référence en Afrique pour les spécialistes. Près de 400 artistes, pour la plupart Sud-Africains, sont  exposés et 25 galeries sont représentées. La première économie du continent est le seul pays d’Afrique qui peut s’enorgueillir d’avoir un vrai marché d’art contemporain, même s’il est en gestation. D’où la difficulté pour les rares artistes et galeristes venus d’Afrique de l’Ouest pour se faire connaître et vendre leurs œuvres.

Avec notre correspondante à Johannesburg

En Afrique du Sud, le marché naissant de l’art contemporain se consolide petit à petit et surtout grâce à des artistes locaux.

Henri Vergon a donc parié sur l’avenir. Il y a quelques années, il a ouvert à Johannesburg Afronova, la première galerie d’art contemporain du pays, dédiée à des artistes de tout le continent et de l’océan Indien :

« Il est évident que la considération pour l’art africain, jusqu’à présent, était de l’ordre de la peinture naïve ou de l’assemblage de 'poubelles' en gros.  Et le marché sud-africain étant ce qu’il est, c'est-à-dire extrêmement conservateur et spéculatif, il ne pense qu’à une chose, c ’est "combien" vont-ils gagner, sur tant de temps en achetant des œuvres d’art.

Du coup, effectivement, ils se concentrent sur des artistes sud-africains, et sur quelques artistes sud-africains très connus, et que donc, ils préféreront acheter une carte postale de William Kentridge pour la signature, plutôt qu’une très belle photo de Seydou Keïta qui a certainement une valeur égale ! » 

Pour Ross Douglas, directeur de la foire, ce rendez-vous parvient tout de même à rendre des œuvres très diverses, plus accessibles à un public de mieux en mieux informé : « J’aimerais vraiment que nous ayons beaucoup plus de collectionneurs africains. Et l’autre problème en Afrique, c’est que nous n’avons pas de musée d’art contemporain géré par l’Etat, avec des fonds pour l’acquisition des œuvres. Alors cette année, le plus important acheteur de la foire, c’est le Tate Modern, le célèbre musée londonien, pas une institution locale ». Mais en temps de crise, difficile de convaincre d’investir dans l’art contemporain...

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