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Libye Niger

Le Niger refuse d’extrader Saadi Kadhafi vers la Libye malgré la demande d’Interpol


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A la demande des nouvelles autorités libyennes, l’organisation policière internationale Interpol a émis une « notice rouge » pour demander l’arrestation de Saadi Kadhafi, l’un des fils de l’ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi qui a trouvé refuge au Niger depuis le 11 septembre 2011. Le gouvernement nigérien maintient son refus de l’extrader.

Saadi Kadhafi est recherché par les nouvelles autorités libyennes du Conseil national de transition (CNT) qui l’accusent, selon Interpol, de « s’être emparé de biens par la force et l’intimidation quand il dirigeait la fédération libyenne de football ». En tant que commandant d’unités militaires qui auraient été impliquées dans la répression de manifestations de civils durant la révolte libyenne, Saadi Kadhafi est également soumis à des sanctions ordonnées par le Conseil de sécurité de l’ONU.

C’est la première fois que le CNT fait une telle demande, entraînant l’émission d’une « notice rouge » par Interpol à destination des 188 pays membres de l’organisation. Le Niger est membre d’Interpol mais il ne se trouve pas pour autant dans l’obligation d’arrêter le fils de Kadhafi. La « notice rouge » n’est pas, en effet, contraignante. Interpol ne peut pas envoyer de policiers au Niger pour arrêter Saadi Kadhafi, ni obliger Niamey à le faire. Cela reste tout de même un moyen de pression sur les autorités nigériennes. Pour l’heure, celles-ci réitèrent nénamoins leur refus d’extrader le fils de Kadhafi. C’est ce qu’a indiqué le Premier ministre du Niger, Brigi Rafini qui précise que « Saadi Kadhafi est en sûreté, en sécurité à Niamey, dans les mains de l’Etat du Niger » et affirme qu’il n'est « pas question de l’extrader en Libye pour l’instant ».

Accueilli « pour des raisons humanitaires »

Saadi Kadhafi faisait partie d’un convoi d’une dizaine de personnalités proches de Kadhafi parmi lesquelles figuraient trois généraux. Ils fuyaient la Libye lorsque le convoi a été intercepté, par une patrouille de l’armée nigérienne, le 11 septembre 2011, au nord d’Agadez, région frontalière avec la Libye. Le Niger les a accueillis « pour des raisons humanitaires » avait affirmé le porte-parole du gouvernement nigérien Marou Amadou.
Le Niger, qui a officiellement reconnu le CNT, avait alors précisé, au sujet de Saadi Kadhafi, qu’il ne serait pas renvoyé en Libye et que « si ce monsieur ou une autre personne sont poursuivis par un tribunal indépendant (…) qui a une compétence universelle de connaître des crimes quelconques pour lequels il sont poursuivis, alors le Niger fera son devoir ».

Le Niger, qui reconnait avoir accueilli 32 proches du colonel Kadhafi - dont trois généraux et l’ancien chef des brigades sécuritaires du régime - avait ainsi promis de respecter ses engagements auprès de la justice internationale concernant des pro-Kadhafi recherchés et réfugiés sur son territoire. Avant d’être saisie par le CNT, Interpol avait déjà été interpellée par la Cour pénale internationale pour lancer une « notice rouge » demandant, cette fois-ci, l’arrestation de Mouammar Kadhafi, de son fils Seif Al-Islam et de son beau-frère, Abdallah Al-Senoussi, ancien chef des services de renseignement.

Footballeur déchu et dirigeant d’une unité d’élite de l’armée

Saadi Kadhafi est âgé de 38 ans et a consacré une partie de sa vie au football. A vingt ans, il s’est entraîné avec la Juventus de Turin et la Lazio Rome mais n’a  pas réussi à faire une carrière professionnelle dans le football italien. Il s’était fait recruter comme milieu de terrain à Pérouse avant d'être rapidement été suspendu pour dopage. Il est resté tout de même actionnaire de la Juventus, mythique club italien, dont la banque centrale libyenne possède 7,5 % des parts. Ces avoirs sont aujourd’hui gelés. Après son échec comme footballeur, Saadi Kadhafi est rentré en Libye où il s’est reconverti dans l’armée, dirigeant une unité d’élite.
 

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