Cameroun : les 23 candidats à la présidentielle


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Pas moins de 23 candidats sont en lice pour l'élection présidentielle du 9 octobre prochain au Cameroun. L’opposition en ordre dispersé affrontera le président sortant Paul Biya, au pouvoir depuis 1982. Présentation des présidentiables.

Pas moins de 23 candidats sont en lice pour l'élection présidentielle du 9 octobre prochain au Cameroun. L’opposition en ordre dispersé affrontera le président sortant Paul Biya, au pouvoir depuis 1982. Présentation des présidentiables.
 

Paul Biya
Paul Biya, 78 ans, brigue un sixième mandat à la tête du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Arrivé au pouvoir en 1982 à la faveur de la démission de son prédécesseur, Ahmadou Ahidjo, le second président du Cameroun a été élu en 1984 et 1988 sous le parti unique puis après l’instauration du multipartisme en 1992, 1997 et 2004. En 2008, l’Assemblée largement dominée par le parti au pouvoir supprime la limitation du nombre de mandats présidentiels lui ouvrant la voie à un nouveau septennat. Ses adversaires politiques lui imputent un bilan économique négatif ainsi qu’une mauvaise gestion des finances publiques et une corruption généralisée. De son côté, le président sortant a annoncé que les « Grandes ambitions » lancées en 2004 seront transformées en « Grandes réalisations ».
Jacques Famé Ndongo
10-10-2013 - Par Carine Frenk

Ni John Fru Ndi
Ni John Fru Ndi, 70 ans, est à la tête du SDF (Social Democratic Front, aussi connu sous l'appellation Front social-démocrate), principale formation d’opposition pour ce qui est du nombre de députés représentés à l’Assemblée. Son parti l’a donné gagnant aux élections de 1992 où il affrontait Paul Biya. L’ancien libraire anglophone continue de dénoncer les insuffisances du pouvoir mais a fait une volte-face en appelant ses militants à aller s’inscrire sur les listes électorales trois semaines seulement avant la fin des inscriptions alors qu’il menaçait initialement « d’empêcher le scrutin par tous les moyens ». Ses rencontres en 2011 avec Paul Biya (une première depuis 1992) ont divisé son parti, le SDF, dont une frange l’accuse de rapprochement avec le pouvoir.

Adamou Ndam Njoya 
A 69 ans, Adamou Ndam Njoya est arrivé en troisième position avec 4,5% des voix à la présidentielle de 2004. Enseignant et ancien ministre, il est l’une des figures les plus anciennes de la politique camerounaise. Ce diplômé de droit international et de sciences politiques est aujourd’hui député-maire de Foumban à l’ouest du Cameroun. Il est le candidat de l’Union démocratique du Cameroun (UDC), un parti qu’il a créé en 1991.
La République a été oubliée. Il faut restaurer l'éthique comme fondement de la vie.
Adamou Ndam Njoya
10-10-2013 - Par Carine Frenk

Garga Haman Adji 
Le candidat de l’Alliance pour la démocratie et le développement (ADD), 67 ans, a participé au scrutin présidentiel de 2004. Originaire du nord du Cameroun, il est réputé pour son intégrité et son franc-parler. Garga Haman Adji s’est notamment fait connaître en démissionnant de ses fonctions de ministre en 1992 considérant alors qu’il était empêché de mener la lutte contre la corruption dont on l’avait chargée. Il est toujours membre de la Conac, la Commission nationale contre la corruption. Son programme s’articule principalement autour de la relance de l’emploi.
Je considère que les résultats de Paul Biya ne sont pas satisfaisants après 29 ans de pouvoir.
Garga Haman Adji
10-10-2013 - Par Carine Frenk

Jean-Jacques Ekindi 

Le candidat du Mouvement progressiste (MP), 66 ans, dénonce inlassablement la confiscation du pouvoir par le RDPC. Diplômé des prestigieuses Ecoles parisiennes Polytechnique et Mines, cet ingénieur s’engage en politique dès ses années d’études. D’abord proche de l’Union des populations du Cameroun (UPC) alors interdite au Cameroun, il milite de 1986 à 1991 au sein du RDPC au pouvoir. En 1992, à la tête de son parti, le Mouvement progressiste, il participe aux élections multipartites et en gardera le surnom de « chasseur de Lion » en référence au slogan d’alors de Paul Biya. En 2004, il se désiste au profit de John Fru Ndi du SDF. Il est l’un des rares opposants représentés au sein de l’Assemblée nationale. Son programme donne la priorité à la morale, la réforme des institutions et l’emploi.
Les Camerounais ne vont pas voter pour Biya. Depuis 29 ans, il n'a rien fait et les gens vivent de plus en plus mal.
Jean-Jacques Ekindi
10-10-2013 - Par Carine Frenk

Hubert Kamgang 
A 66 ans,  le leader de l’Union des populations africaines (UPA) participe à son troisième scrutin présidentiel (après 1997 et 2004). Fonctionnaire à la retraite, ingénieur statisticien et économiste de formation, il milite en faveur du panafricanisme et croit en un avenir commun du continent à travers les Etats-Unis d’Afrique. En préalable à tout développement économique, il propose de « solder le compte du colonialisme » en sortant le Cameroun de la zone franc pour réorganiser l’économie.

Victorien Hameni Bieleu 
Cet universitaire âgé de 62 ans porte les couleurs de son parti créé en 1990, l’Union des forces démocratiques du Cameroun (UFDC). Cadre de l’administration à la retraite, il a participé à tous les scrutins depuis l’instauration du multipartisme en 1992. Son programme met l’accent sur le développement économique du Cameroun dont il aspire à devenir le « chef de chantier ».
 
Je veux revoir tout le système de santé et m'occuper de la jeunesse.
Victorien Hameni Bieleu
10-10-2013 - Par Carine Frenk

Anicet Ekané 
Le candidat du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), 60 ans, avait tenté l’aventure présidentielle en 2004. Il propose dès son élection de convoquer les Etats généraux de la nation, de promulguer l’anglais et le swahili comme langues nationales ou encore de mettre en place une assurance maladie universelle (AMU) co-financée par l’Etat, les habitants et les entreprises.
 

Pierre Fritz Ngo 
Le chef de file du Mouvement des écologistes du Cameroun (MEC), 59 ans, à la tête d’une entreprise de communication, entend préserver la biodiversité du Cameroun et réorienter la jeunesse vers des marchés d’emploi porteurs tels que l’agriculture et l’élevage pour lutter contre l’informel. Il a participé au dernier scrutin.
 
 
Le principal leitmotiv c'est : Cameroun Écologie Yes. Nous sommes assez riches pour protéger notre biodiversité.
Pierre Fritz Ngo
10-10-2013 - Par Carine Frenk

George Dobgima Nyamndi
A 61 ans, cet universitaire a milité dans de nombreux mouvements politiques avant de former son propre parti politique, le Social Liberal Congress (SLC) en 2000 avec lequel il a participé à la présidentielle de 2004. Les jeunes, les femmes, les personnes âgées sont au cœur de sa politique.
George Dobgima Nyamndi
10-10-2013 - Par Hélène Naah

Edith Kahbang Walla dite Kah Walla 
L’une des deux femmes de la compétition, 46 ans, brigue pour la première fois le fauteuil présidentiel. Cette femme d’affaires a fait ses preuves dans le domaine du conseil en communication et en management. Elle se distingue par une forte présence sur le front médiatique. Kah Walla se lance officiellement en politique en 2007, elle milite alors au sein du SDF qu’elle quitte en octobre 2010 estimant que la principale formation d’opposition manque de stratégie. Elle prend alors la tête du Cameroon’s People Party créé en 1991. Son programme s’articule autour de la création d’emplois pour les jeunes et la délivrance de « services sociaux d’excellence ».

Ayah Paul Abine 
Transfuge du RDPC, Ayah Paul Abine, 61 ans a démissionné du Parti des flammes en janvier dernier pour se porter candidat à la présidentielle. Ce magistrat originaire du Sud-Ouest anglophone avait été en 2008 le seul élu RDPC à s’opposer au projet de réforme constitutionnelle levant la limite des mandats présidentiels. Dans son programme, le candidat du People’s Action Party (PAP) promet un gouvernement mixte, prône une nette séparation des pouvoirs ainsi qu’un rajeunissement des ministères avec 60% de jeunes de moins de 40 ans.
Au Cameroun, aujourd'hui, il n'y a qu'un individu qui gère tout : le chef de l’Etat.
Ayah Paul Abiné
10-10-2013 - Par Carine Frenk

Albert Dzongang 
A 63 ans, le candidat de la Dynamique pour la renaissance nationale a milité au sein du RDPC jusqu’en 1996, démissionnant officiellement pour protester contre les méthodes de cooptation et la corruption du parti. Ingénieur expert en incendie, il a participé au scrutin présidentiel de 1997. Son programme politique met l’accent sur la réforme du système éducatif et de la politique foncière et agricole du Cameroun.
 
Je propose aux Camerounais d'apporter des solutions aux problèmes urgents. Le problème urgent est de réconcilier les fils de ce pays.
Albert Dzondang
10-10-2013 - Par Hélène Naah

Daniel Soh Fone 
Le leader du Parti socialiste unifié (PSU), 54 ans, avait appelé à voter pour le candidat du RDPC, Paul Biya aux deux derniers scrutins présidentiels. Il affirme désormais vouloir « voler de ses propres ailes ». Comptable à la retraite, il souhaite réunir tous les candidats autour « d’un arbre à palabres » pour constituer un gouvernement d’union nationale. Concernant son programme, il dit vouloir en priorité « remettre le Cameroun au travail ».
Nous allons promouvoir l'équité dans la redistribution des richesses, la transparence dans la gestion des finances publiques.
Daniel Soh Fone
10-10-2013 - Par Hélène Naah

Atangana Nsoe Simon Pierre 
 
Agé de 46 ans, il a fondé en 2009 son parti, le Grand Cameroun. Logement, santé, gratuité du système scolaire sont les priorités de son programme.
 
 
 
 

Jean Njeunga 
Le candidat du Front uni du Cameroun (FUC), parti légalisé en 1991 promet d’instaurer s’il est élu un mandat de 5 ans renouvelable une seule fois. Parmi les autres mesures envisagées par cet opérateur économique de 56 ans : relever le Smic à 100 000 francs, rendre l’eau et l’école gratuites.

Joachim Tabi Owono
 
Candidat à la présidentielle de 1997, Joachim Tabi Owono s’est effacé en 2004 au profit de Paul Biya. Son parti l’Action pour la méritocratie et l’égalité des chances (AMEC) avait alors investi unilatéralement le président sortant pour, explique-t-il, « lui offrir un meilleur cadre pour son septennat ».
Cet ingénieur agronome âgé de 56 ans donne la priorité à l’égalité des chances.

Bernard Achuo Muna 
Avocat de renom, ancien procureur adjoint au Tribunal pénal international pour le Rwanda, Bernard Achuo Muna, 71 ans, portera les couleurs de l’Alliance des forces progressistes (AFP) qu’il rejoint en 2007 après sa démission du Social Democratic Front (SDF). Il s’engage, s’il est élu, à n’effectuer qu’un seul mandat de cinq ans et propose à la tête d’un gouvernement de transition de refonder l’Etat, l’économie et la société sur de nouvelles bases.
Je me présente pour le Cameroun. La politique menée par Paul Biya depuis 29 ans n'a pas profité aux Camerounais.
Bernard Achuo Muna
10-10-2013 - Par Carine Frenk

Esther Bayibidio Dang 
Docteur en sciences économiques, Esther Dang, 66 ans a longtemps servi le RDPC et l’Etat notamment au sein de la Société nationale d’investissement avant de démissionner du parti en février dernier. Elle s’engage pour « supprimer le préfixe sous du mot ' sous-développement ' » en donnant la priorité à la lutte contre le sous-emploi et la sous-alimentation.
 
Je veux amener les Camerounais à combattre ensemble le sous-développement.
Esther Bayibidio Dang
10-10-2013 - Par Carine Frenk

Isaac Feuzeu 
Le candidat du Mouvement pour l’émergence et le réveil citoyen (MERCI), 47 ans, transporteur à la ville, mise sur une politique « terre à terre ». Il promet de créer 2,5 millions d’emplois en cinq ans en développement le tissu industriel.
 

Jean de Dieu Momo 
Cet avocat au barreau du Cameroun et au Tribunal pénal international pour le Rwanda, 51 ans, participe à sa première élection. Il s’est rendu célèbre pour avoir défendu les « neuf disparus de Bépanda », une affaire qui avait ému l’opinion publique camerounaise en 2001 après l’enlèvement de ces jeunes par une unité spéciale de gendarmerie à Douala. Il entre en politique en se faisant élire à la tête du Patriotes démocratiques pour le développement du Cameroun (PADDEC) en septembre 2010 afin de « redonner sa dignité » au peuple camerounais en s’attaquant à la corruption. Il dénonce « la terreur » mené par l’actuel régime. L’agriculture fait également partie de ses priorités.
Nous envisageons de faire une révolution agricole et une révolution dans la domaine industrielle.
Jean de Dieu Momo
10-10-2013 - Par Hélène Naah

Olivier Anicet Bilé 

Le candidat de l’Union pour la fraternité et le progrès (UFP), 44 ans, brigue pour la première fois la présidentielle. Ancien militant de l’Union des populations africaines (UPA), cet enseignant titulaire d’un doctorat en sciences de l’information et de la communication projette de transformer l’esprit et le mental camerounais en mettant en œuvre « l’amour et la crainte de Dieu » et de favoriser la mise en place d’une structure financière et bancaire.
 

Marcus Lontouo 
Marcus Lontouo, 44 ans, est à la tête du Congrès national camerounais (CNC) qui présente un candidat à l’élection présidentielle pour la première fois. Ce commerçant diplômé en sciences de l’environnement entre en politique en 1998, année de la création du CNC. Son programme vise à réduire les inégalités sociales, lutter contre la corruption et rendre gratuites la distribution d’eau et d’électricité.
 

Ma principale préoccupation est de stopper la corruption, le népotisme.
Marcus Lontouo
10-10-2013 - Par Hélène Naah

Par Sarah Sakho

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